LIVRE XIII, CHAPITRE IV. 3g
L'astronomie qui occupait, dans le polythéisme soumis aux prêtres, une place telle qu'elle a paru à plusieurs savants constituer à elle seule cette religion , ne pouvait manquer
pes. Diodore adopte ce sens symbolique, et après lui Cornxjtos (de Nat. Deor. , cap. 10). Mais n'oublions jamais que tous ces symboles avaient plusieurs significations. Diodore même, dans l'endroit cité, ajoute que d'autres interprétations de la même fable étaient cachées aux profanes. De ce nombre était le sens astronomique. Baccbus déchiré en sept morceaux faisait allusion aux sept planètes. Ce qui le démontre, c'est que d'après les dogmes orphiques , ce dieu présidait à chacune d'elles sous un nom différent ; à la lune , sous celui de Liknitès ; à Mercure, sous celui de Silène; au soleil, sous celui de Triétérique; à Mars, sous celui de Bassaréus; à Jupiter, sous celui de Sabazien; à Saturne, sous celui d'Omphiétès. (GiraLo. de Musis.) La même légende était aussi l'un de» emblèmes de la chute primitive. Les Titans , disaiton, ayant mis Bacchus en pièces et l'ayant dévoré, Jupiter les foudroya. Leurs corps inanimés produisirent la matière, et de cette matière les hommes furent formés. De cette origine résulte ce que nos passions ont de violent, de grossier, de féroce. Nés de la chair des Titans, nos corps ont conservé leurs inclinations coupables. Il faut les punir de leur faute antérieure, les faire souffrir et les subjuguer. (Plut, de Esu Carnium ; Olympiodor. in Iragm. Orph. , p. 509. ) Ici s'aperçoit , réintroduite par l'efficacité expiatoire de la pénitence , la notion du mérite religieux de la douleur.
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d'obtenir dans les mystères un rang proportionné. Les danses sabaziennes étaient une représentation pantomime des mouvements du soleil , de la lune et des planètes (i). L'échelle à huit portes était un symbole astronomique, .parce qu'on y révélait que les amès passaient d'une planète à l'autre en remontant aux eieux (2).
(1) Plut, de Orac. Def. , 10. Les prêtres d'Eleusis jouaient dans les mystères le rôle des divinités astronomiques, comme les prêtres égyptiens aux fêtes de l'Egypte. L'Hiérophante représentait le Demiourgos , le Dadouque le soleil , l'Epibome la lune , etc. L'astronomie se joignait commetoujoursà l'astrologie. Les planètes sont appelées dans la sixième hymne orphique les dispensatrices et déclaratrices des destinées. En général , tous les symboles de la doctrine orphique fixent la pensée sur l'adoration des corps célestes. La tradition disait qu'Orphée avait déclaré le soleil le premier des dieux. Les sept cordes de la lyre orphique, qui ne diffèrent point de la lyre égyptienne de Thot ou d'Hermès (Spành. , p. 117; Hemsterh. ad Lucian , II ; Foerkel, Gesch. der Musik), représentaient les sept planètes. Leurs relations avec la destinée étaient une suite naturelle de la liaison de l'astrologie avec le culte des astres.
(2) La même combinaison se retrouve dans les mystères consacrés à Hercule chez les Athéniens. Hercule était à la fois le dieu du soleil , et celui qui présidait à l'é-