‹ De la religion (volume 2)Chapitre 24 sur 109 · LIVRE XIII, CHAPITRE IV. /j · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE IV. /j

qui renferme tous les êtres; et le fils de la Nuit, l'ordonnateur des éléments, le premier

Rhée sa mère sous la forme d'un serpent : Perséphoné , avec ses quatre yeux , sa tête d'animal et ses cornes, naît de cet inceste. Un second l'unit à son père, et elle enfante Dionysus. Voilà bien des caractères sacerdotaux réunis. i° Le chaos, 2° la nuit primitive, l'Athyr des Égyptiens, 3° les figures monstrueuses, 4° le temps sans bornes ou le Zervan Akerene des Perses , 5° la trinité , 6° les dieux hermaphrodites, 70 leur génération par l'inceste, etc. , 8° l'œuf cosmogoniqne que nous avons rencontré partout. Dans les hymnes orphiques (Hymne orphique àProserpine, XXXI, i5), Proserpine est invoquée comme à la fois la mort et la vie, produisant tout et détruisant tout. C'est précisément ce que les Indiens disent de Bhavani. Dans une autre cosmogonie , le Demiourgos confère avec Maya , l'illusion , sur la formation de l'univers , à laquelle s'oppose Ophionès, le dieu serpent , le pendant d'Arimane. Voilà du persan et de l'indien combinés. Dans une troisième cosmcgonie , les périodes dû monde correspondent aux yogs des Indiens, et la destruction par le feu est encore une doctrine indienne. Les Hymnes orphiques sont l'expression du passage complet des allégories et cosmogonies sacerdotales , nous ne disons pas dans le polythéisme populaire, car elles n'y entrèrent jamais complètement et activement , mais dans la poésie théologique des mystères grecs. Ces hymnes étaient chantés dans les rites mystérieux , et ressemblaient d'une manière manifeste aux prières qui se trouvent dans les livres de Zoroastre et

moteur de toute existence, Eros, qui joue un si grand rôle dans l'engendrement du monde d'après les prêtres, se reproduit dans les dogmes mystérieux.

Les mystères de Samothrace consacrent par une légende la Trinité , toujours inséparable des cosmogonies sacerdotales. Les deux Corybantes ou Cabires, tuant leur frère, entourant sa tête d'une couronne, l'enveloppant d'un voile de pourpre , la plaçant sur un bouclier d'airain, et l'enterrant au pied de

qu'Hérodote appelle è-k^xi (Pausanias, II, et Heeren , Grecs, p. i56.) Hérodote dit lui-même que les doctrines orphiques étaient originaires d'Egypte. Ces doctrines, en conséquence , introduisirent dans les mystères tout ce qui avait lieu en Egypte, les notions sur la métempsycose, la tristesse de la -vie, les bouleversements passés et futurs de la nature physique , et les orgies , les fêtes licencieuses, quelquefois sanglantes, le culte du Phallus, les danses frénétiques, les mutilations. La vie orphique ne différait point de celle des prêtres égyptiens. Les hymnes chantés dans les mystères sont empreints des mêmes caractères, et indiquent la même origine que les Vèdes , les Pouranas , les livres Zend ou la Voluspa. Il y a même des traits de ressemblance avec les poésies des Bardes dont nous avons parlé ailleurs , t. IIL, liv. VI, oh. 7.

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