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cru se faire un titre d'honneur, sujet d'abord de scandale , devint plus tard l'objet de la raillerie des incrédules. Ainsi les points de vue changent avec les époques. Dans les religions sacerdotales, la mort des dieux est un dogme , dans la religion populaire une impiété; et du temps de Lucien, l'ironie seule la rappelle encore pour 4a vouer au ridicule. Mais dans les mystères, la légende se perpétue et se diversifie. Attys, Adonis, Bacchus et Cadmille sont des dieux qui meurent (i) et qui renaissent (2).
(1) Staledl. , Rel. Mag. , II, 167-198.
(2) Si nous pouvions comparer avec une étendue suffisante la mort de Bacchus Zagréus et celle d'Osiris , le lecteur serait frappé de l'identité parfaite de toutes les fables et de toutes les pratiques. Mais cette comparaison se composerait de tant de détails, que nous sommes forcés de nous l'interdire. On peut trouver plusieurs de ces détails dans Creutzsr, III, 355-36o. Cet écrivain , sans remonter à la cause de toutes ces légendes , a été frappé du fait qui leur sert de base. « Il y avait, dans tous les mystères , dit-il , des divinités qui avaient pris part à la condition humaine, et qui étaient des êtres souffrants et mourants. » (IV, 3o2-3o3. ) Il s'exprime ailleurs d'une manière encore plus positive. « Bacchus, dit-il, né de Jupiter, mis en pièces par les Titans , et remontant au ciel après que ses membres eurent été rassemblés par Apollon , est un dieu descendu sur la terre , souffrant , mou-
Junon, jalouse de Proserpine, fait périr Zagréus, en excitant contre lui les Titans (i), comme une reine égyptienne , Aso , se ligue avec Typhon et tue Osiris. Des regrets tumultueux et des lamentations forcenées, calqués scrupuleusement sur les rites étrangers, annoncent le trépas de ces dieux sacrifiés ; mais surmontant bientôt cette mort passagère, ils revoient le jour , et ramènent dans l'ame des assistants une joie aussi désordonnée et aussi bruyante que l'avait été leur douleur.
A ces dogmes se joignirent peut-être, par un effet des circonstances particulières où se trouva la Grèce, quelques idées politiques. L'on voit dans Hésiode, nous l'avons déjà remarqué, la haine des opprimés contre les oppresseurs : Hésiode écrivait au moment de la destruction des monarchies grecques. Les mystères avaient été apportés en Grèce antérieurement à cette destruction : quelquesuns peut-être couvrirent, de leurs voiles les saintes conspirations de la liberté. Des insi-
rant, ressuscitant ; et, sous ce point de vue, c'est tout-àfait une incarnation indienne. »
(i) Clem. Protrept. i5; Nonmus, Dionys. , VI.