LIVRE XIII, CHAPITRE IV. Gl
brables divinités, pour les remplacer par un seul être invisible, incorporel, ineffable, tout puissant, mais inaccessible aux vœux et aux prières; ou le panthéisme, ôtant au dieu du théisme son existence séparée , le fit rentrer dans la substance dont tous les êtres sont formés (i). L'athéisme lui-même devint partie
autels. Aussi les mystères ont-ils contribué à ce renversement. Il pense que le théisme ne s'y introduisit qu'après la naissance du christianisme : mais à l'époque de l'établissement du christianisme, la tendance universelle était au théisme : comment les mystères y auraient-ils échappé? (Sainte- Croix, des Myst. , ire édit., p. 353, 359.)
(i) Il y avait , dans les mystères d'Hermione , dont les rites, que nous transmet Pausaniàs (II, 35), indiquent une origine tout à-fait sacerdotale, et qui étaient si anciens que les Grecs en avaient oublié le sens , un dogme fondamental, d'après lequel toutes les divinités qu'on y adorait, Ilithye, Minerve, Bacchus et Vénus (Isis, Démêler, Pluton, Sérapis et Proserpine) , n'étaient qu'un seul dieu, avec différents attributs mâles et femelles, et au tond la nuit élémentaire et primitive des Égyptiens. (Ib., 47.) « In mysteriorum doctrinâ esotericâ, dit Villoison (ap. Sainte-Croix, p. 227 228), quae tôta physicâ innitebatur theologiâ, ea tradebantur, quibus mytliica et civilis ita funditus everteretur theologiâ , ut vélum superstitioni abductum, poetica suavitate ornatum, et potenti eorum qui respublicas administrabant
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de la révélation mystérieuse, comme une communication dernière, une marque de con-
manu sustentatum, penitus removeretur , et sola natura, itnica theologiae physicse dea , secum habitans , et orbi , tanquam altari insidens , ac snbjecta pedibus falsorutn vulginuminum simulacra proterens, sese oculis offerret.» Le massacre du jeune Bacchus dont nous avons déjà souvent parlé, était aussi la séparation apparenté des parties du grand tout, parties qui forment les éléments, les corps, les plantes, les animaux. C'est pour cela que ce dieu, dans Nonnus (Dionys., VI, 174 et suiv. ) , avant de tomber sous les coups des Titans , se métamorphose en feu, en air, en toutes sortes d'éléments et de natures. Plutarque (de Ei ap. Delph. ), dit que toutes les légendes qui parlent d'un dieu mort ou disparaissant, ressuscitant ou retrouvé, signifient toujours les révolutions du grand être qui contient la totalité de ce qui existe; de-là le complément de cette espèce de draine. Apollon rassemble les membres épars de Bacchus , et les enterre dans son temple à Delphes, c'est-à-dire il recompose le grand tout, en réunissant toutes ses parties (Plut, de Is.J. Voici donc une nouvelle explication de la créonomie. Elle signifiait à la fois la fabrication du vin , le cours des astres, la souillure originaire de l'homme, son triomphe sur se* passions et ses sens , les convulsions de l'univers physique, le passage de l'état sauvage à l'état social, et l'absorption de toutes choses par l'être infini. Dans cette explication panthéistique des mystères, Apollon représentait l'unité (Plut, de Ei ad. Delph. iPROCL. in PLAT.Alcib. Orph. fragm. éd. Herm., p. 58o) ; Bacchus, la diversité