‹ De la religion (volume 2)Chapitre 32 sur 109 · LIVRK XIII, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRK XIII, CHAPITRE IV

liance intime, le résultat d'une étude profonde, un secret enfin qui ne se transmettait

qui sort de l'unité même. Toutes les cérémonies et les représentations des mystères s'interprétaient alors dans ce sens. Apollon paraissait toujours sons la même forme, celle d'un jeune homme parfaitement et éternellement beau, parce qu'il ne s'opérait en lui aucun changement. Bacchus avait mille formes différentes; et sous la figure humaine, il était tour à tour un enfant, un, adolescent, un homme fait, un vieillard. Le genre des poèmes con sacrés à ces deux divinités était significatif de ces deux idées. L'hymne qu'on chantait en l'honneur d'Apollon et que les Grecs nommaient le Paean, était grave, d'un rhythme uniforme, composant un tout régulier, et d'une marche toujours égale. Bacchus préférait le dithyrambe, fougueux , désordonné , sans suite et sans règle. (Plut. de Is. et Os. ) Quelquefois ce n'est point Apollon , mais Vulcain (Ephaistos, le phthas de l'Egypte) qui est 1.' grand tout. Il y a dans les symboles panthéistiques des mystères, des images complètement indiennes. Jupitci renfermant Bacchus dans sa cuisSe, lors de la mort de Sémélé , signifiait la cause première contenant l'idée prototype de toutes choses. On racontait dans les Dionysiaques que Jupiter , le Demiourgos, avait englouti Phanès, qui renfermait en lui l'univers , et qu'alors toutes les parties de l'univers étaient devenues visibles. De même , dans le Bhàguau-Gita , toutes choses résident dans Crishna, et il les fait voir à Jasada sa nourrice, en ouvrant la bouche. Phanès. était le même que Bacchus , et ce dernier, par sa réunion avec Jupiter, était absorbé

qu'à un si petit nombre d'élus, avec tant de cérémonies, après de telles préparations, qu'il était entouré d'une obscurité presque sacrée.

Ce qui paraît au premier coup d'œil inexplicable et contradictoire, c'est que ces hypothèses irréligieuses étaient présentées aux initiés avec toute lapompe de la religion. Le phénomène d'une classe qui , vouée au maintien et à la célébration du culte, appelle autour d'elle , au milieu des fêtes , dans le sanctuaire même des dieux, des hommes en grand nombre , pour leur révéler que la religion qu'elle enseigne au peuple n'est qu'un tissu de fables puériles , ce phénomène paraî tra moins surprenant si l'on réfléchit que cette révélation n'était ni le but primitif, ni le but

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dans l'essence de ce dieu. Jupiter , le père de toutes choses, dit Proclus (in Plat. Tim.) , les a produites, et Bacchus les gouverne ensuite. Jupiter et Bacchus ne font qu'un, dit Aristide. (Orat. in Bacch. ) Cette contradiction, ou plutôt cette fluctuation, par laquelle Jupiter et Bacchus sont, tantôt deux divinités séparées, bien qu'en rapport intime l'une avec l'autre, et tantôt la même divinité, est identiquement ce qu'on lit dans les livres sacrés des Indous.

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