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LIVRE Xlir, CHAPITRE IV

Les prêtres du polythéisme obéissaient de même dans leurs mystères à ce calcul et' à ce penchant; ces institutions rendaient leur rôle moins embarrassant, en les dispensant d'en remplir les deux parties contrastantes sur le même théâtre et devant les mêmes spectateurs.

• L'on pense bien que la morale entra dans les mystères, dès qu'elle devint partie intégrante du polythéisme. Même auparavant, il y avait à Samothrace un tribunal antique qui prononçait sur les crimes, et condamnait quelquefois les coupables à mort ; mais il paraît que ce tribunal, d'origine purement sacerdotale, ne sévissait que contre le parjure, et contre le meurtre commis au pied des au-

hommes les plus spirituels de notre époque, et qui a depuis acquis une haute réputation littéraire. Je veux parler de M. de Barante, qui, dans une analyse des œuvres de l'abbé de Boismont, a fait ressortir avec une sagacité admirable et une ironie piquante, la manière dont le sacerdoce même demandait grâce à la philosophie, quand il parlait au nom de la religion, tâchant de lui procurer une réception plus polie, en la voilant du nom de charité, et en insinuant qu'elle n'était au fond qu'une autre forme de philantropie.

tels, c'est-à-dire aggravé par le sacrilège : or, ces deux attentats étaient des insultes faites aux dieux; et nous avons distingué entre ces outrages que toute religion interdit dès son origine, et l'appui que la religion ne prête à la morale qu'à une époque plus avancée. Nous fixerions volontiers cette époque, pour les mystères, au temps d'Épiménide. Nos lecteurs savent qu'il fut chargé par Solon de purifier Athènes, et Solon, philosophe à-la-fois et législateur, dut sentir l'importance d'appuyer les lois et la morale sur la religion.

Alors l'exposition des devoirs qui unissent les hommes entre eux fut une des révélations dont on entretint les initiés (1); on leur recommanda la justice (a), la piété envers les parents, la modération dans les désirs (3). On exigea du récipiendaire une confession générale (4), et l'exclusion dont on frappa les cou-

(i) Trr.-Liv.,XLV, 5.

(a) De sages préceptes leur sont inculqués pendant la cérémonie de l'initiation. ( Auc, Civ. Dei , II, 6.)

(3) S. Justin, adv. Tryph., 3 , 70.

(4) C'était au Koès, prêtre nommé ainsi, pour indiquer que sa fonction était d'écouter, qu'il fallait s'adresser.

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