‹ De la religion (volume 2)Chapitre 40 sur 109 · LIVRE XIII, CHAPITRE V. 8l · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE V. 8l

un bouffon parait dans Samothrace, à côtç des Cabires(i); etlesÉleusiniesnous montrent Cérès distraite de. sa douleur par les postures immodestes de deux vieilles femmes (2). Anecdote bizarre , et qui prouve l'autorité des traditions , lors même qu'elles s'écartent du but que se proposent ceux qui les respectent ! Julien (3), aux fêtes des Saturnales, se croit obligé de railler les dieux. C'est par dévotion qu'il les raille, et cependant ses plaisanteries tendent à les rendre ridicules. Peu nous im-^ porte que ces étranges coutumes aient signifié la satisfaction de l'Être suprême , après l'arrangement de l'univers et le triomphe de l'harmonie (4); il nous suffit qu'elles soient communes au polythéisme sacerdotal et aux mystères.

Enfin, l'on y retrouve la haine et la jalousie de foute distinction personnelle. Tout était collectif et anonyme dans les corporations d'Egypte et de Phénicie. Tout devait l'être de

(1) Ecstath. ad Od. , XX.

(a) Apollodor. Bibl. , I, 4-

(3) Julien dans ses Césars.

(4) Creotz., II, 298.

même dans les mystères, où, faute de pouvoir s'étendre au-dehors , le sacerdoce grec avait fondé son empire. Lucien nous parle d'un Athénien traîné en justice, poUr avoir nommé l'Hiérophante et les autres prêtres d'Eleusis (i).

(i) Lexiphanès.

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