LIVRE XIII, CHAPITRE VI
étaient les témoins ; en un mot, il peint les mystères comme un spectacle (i).
Ce n'est -pas ici le lieu de traiter des autres genres d'influence qu'ils exercèrent' sur l'esprit philosophique des Grecs. Nous montrerons ailleurs comment, cet esprit , bien que naturellement porté à une dialectique exacte et rigoureuse , s'empreignit des conceptions gigantesques, et se jeta dans les subtilités indéfinissables qui caractérisent l'Orient, et comment la philosophie grecque perdit en logique et en clarté , ce qu'elle parut gagner quelquefois en élévation et en profondeur (2).
Il résulte, à notre avis, de tout ce que nous venons d'exposer, que l'existence des mystères grecs, loin d'invalider nos assertions sur la différence destreligions sacerdotales et de celles
(1) Orat., JL
(2) « Les mystères introduisirent chez les Grecs, et y « conservèrent, toutes les idées orientales , qui élevèrent « parfois au-dessus du raisonnement la philosophie de ce « peuple adonné naturellement à la dialectique. » (Wagner, Ideen, etc., p. 76. ) Et moi aussi j'aime que le sentiment'religieux s'élève au-dessus de la dialectique : mais je veux qu'il soit libre , et non qu'une autorité extérieure le fasse dévier de sa route et le dénature.
go DE LA RELIGION,
qui demeurèrent indépendantes des prêtres, appuie, au contraire, ces assertions et les corrobore. C'est précisément parce que le sacerdoce grec n'avait pas, comme ailleurs, le monopole de la religion publique, qu'il se créa, dans les mystères, un empire secret. Mais aussi long-temps que la religion publique conserva quelque force , elle repoussa les opinions et les rites que le sacerdoce avait ac cueillis et comme naturalisés dans ses institutions mystérieuses..
LIVKE XIII, CHAPITRE VII. g I