‹ De la religion (volume 2)Chapitre 53 sur 109 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Que notre manière d'envisager les mystères explique seule la disposition souvent contradictoire des Grecs envers ces institutions.

J j'htpothèse que nous avons entourée d'une évidence qui nous paraît ne pouvoir guère être contestée, est la seule qui place les mystères sous leur véritable point de vue. C'est aussi la -seule qui explique les contradictions qui nous étonnent , quand nous considérons là conduite des Grecs, relativement à ces institutions. D'un côté, des lois rigoureuses menacent quiconque se permet contre les mystères la moindre irrévérence. Ces lois ne peuvent être ni révoquées, ni même adoucies (i): un tri-

(i) Ly$. contr. Andoc.

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bunal redoutable, composé de prêtres, qui sont à-la-fois juges et parties , prononcent des peines capitales contre l'indiscret et contre l'impie. Le sacrilège est puni de mort ; ses biens confisqués sont vendus à l'enchère. On met à prix la tète de Diagoras (i) et celle d'Aristagore (2). Les services les plus éminents rendus à la patrie, la gloire la mieux méritée dans les armes et dans les sciences, ne servent pas d'égide. Athènes méconnaît également ce qu'elle doit au bras d'Alcibiade, et aux méditations d'Aristote; le peuple s'irrite de la lenteur des juges et devance leur sévérité. Eschyle, au milieu des applaudissements qu'obtiennent ses tragédies , est prêt à se voir déchiré par la multitude, pour avoir mis sur la scène des objets mystérieux, ou trahi, par quelque allusion, le secret des mystères (3). Victimes plus obscures, deux jeunes Acarna-

(1) Lys. ib. Schol. Aristophan., Aves., 1073; Ranae, 3a3 ; Nubes, 828.

(a) Aristoph. , Nub. , 828.

(3) De ceux de Cérès; jElian., vat*. Hisl., V.

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