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dieux, et leurs paroles, paroles divines (i). Us dominèrent les rois, les déposèrent, leur ôtèrent la vie (2), régnèrent à leur place, étendirent leur autorité sur les individus, fixèrent la croyance , la maintinrent par des châtiments sévères, frappèrent les incrédules d'exil ou de mort (3). Payés d'abord par un impôt levé sur tout le peuple (4) , ils envahirent bientôt de vastes domaines.
naves , d'après l'institution du second Odin, ressemblait parfaitement à celle des Druides. les Drottes, proprement dits , comme les Druides supérieurs , étaient chargés exclusivement de ce qui concernait la religion, la doctrine mystérieuse et la justice. Les Scaldes, comme les Bardes , chantaient les hymnes et les hauts faits des héros, et les Tyrspakurs , ainsi que les Eubages de Strabon dévoilaient l'avenir. Freya avait aussi des prétresses qui gardaient le feu sacré. Mallet (introduct. , p. 67) prétend que tout l'ordre sacerdotal était héréditaire. Le tribunal des Drottes siégeait à Sigtuna, ville aujourd'hui détruite, alors la capitale de la province où Stockholm est bâtie.
(ij Rùh. p. 123-124-
(a) V. t. IV, p. au.
(3) Nous avons dit ailleurs qu'un Norvégien fut condamné au bannissement pour avoir nié la divinité de la déesse Frigga. (Mallet., Introd., 98.)
(4) Cet impôt s'appelait nefgioeld , naeskatt. (Snorro-
StURLESON.)
Ainsi que les Druides dans les Gaules, ils s'emparèrent du monopole de la poésie. Les Scaldes, qui depuis le premier Odin chantaient en liberté les actions des dieux et les exploits des braves, soumis désormais par des initiations subalternes à l'ordre des Drottes, furent subdivisés en plusieurs classes, dont chacune eut sa sphère tracée, ses révélations déterminées, son échelon marqué, sans qu'il fut possible de monter plus haut. Les chants héroïques devinrent des chants religieux : mais comme l'asservissement des Scaldes ne leur enleva pas la mémoire, ils confondirent souvent les deux cultes, et de-là le mélange de traditions, de dogmes et de doctrines qui nous importune.
Toutefois en dépit des réminiscences poétiques, la religion Scandinave change de nature. Elle ne perd point son empreinte belliqueuse : le premier Odin l'avait trop profondément gravée dans l'ame de ses sectateurs, etl'âpreté de leur climat, leur avidité de richesses, qu'ils ne pouvaient conquérir que le glaive en main, ne leur permettaient pas d'oublier les leçons de leur maître. Aussi le dieu qui ordonne les combats, et qui a pour fils celui qui est
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spécialement chargé de la guerre, Odin continue à tenir l'univers sous son empire. Il préside aux naissances, aux mariages, à la mort. Ses prêtresses aux voix prophétiques se précipitent dans la mêlée. Mais les guerriers n'en sont pas moins soumis aux pontifes , et ces derniers décident des entreprises, donnent le signal des expéditions, concluent les traités de paix qui ne sont que des trêves.
En même temps, ils introduisent en Scandinavie, ils enseignent, ils imposent tous les rites, tous les symboles, toutes les doctrines que nous avons rencontrées chez les nations soumises aux prêtres (i).
(i) La ressemblance de la religion des Scandinaves et de celle des Perses a été déjà souvent aperçue. Si le deuxième Odin fut nn Scythe, il put facilement avoir quelque connaissance des dogmpsde Zoroastre. (Wharton, On the orîg. of romantic fiction in Europe, in the first vol. of his Hist. of engl. poetry.^ Toutefois, si les dogmes et les pratiques offrent de grandes conformités, le but et l'esprit diffèrent. La religion de Zoroastre respire la paix , celle d'Odin la guerre. La première annonce le retour d'une félicité perdue, la seconde promet une félicité à venir Cette opposition tient probablement à ce que !a révolution religieuse des Scandinaves est, en quelque
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L'astrôlâtrie sert de. base à leur religion. Odin est le soleil, Freya la lune. Une autre déesse, qui préside également à cette planète , ou qui est un autre nom de Freya, Ostar, nous rappelle l'Astarté sacerdotale. La nuit et le jour qui se suivent, en faisant le tour des cieux, sans pouvoir s'atteindre; l'aurore, qui n'est que l'écume dont le courrier de la nuit inonde son frein; les étincelles du monde lumineux qui forment les astres, les deux nains qui figurent la croissance et la décroissance de la lune; Hati , l'étoile du matin; Skoell, l'étoile du soir; le pont Bifrost, qui est l'arc-en-ciel; Asgard, la ville des dieux, qui est le zodiaque, leurs douze trônes qui en sont les signes (ï); la ceinture de Thor, le pendant de la cuirasse d'Amasis (2) : tous ces symboles sont astro-
sorte, la révolution perse retournée. Odin vainqueur donna sa religion aux vaincus. Les Mèdes vaincus donnèrent leur religion aux vainqueurs.
(1) Nous reproduisons ici en peu de lignes quelques faits qui se trouvent indiqués dans le IIIe vol., mais qu'il nous a paru essentiel de rappeler à nos lecteurs. Nous en agirons de même pour la démonologie.
(«,) V. T. Il, p. 37.
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uomiqties. Les fêtes se célèbrent à des périodes qui tiennent également à l'astronomie (i).
Les anciennes fables se ressentent de ce caractère nouveau. Les dieux , dans le Valhalla , jouaient aux dés, pour se gagner réciproque ment les richesses qu'ils avaient apportées en montant aux cieux. Maintenant ces dés, qui roulent sur la table céleste, expriment par leur éclat la splendeur des astres, et par leurs mouvements qui ne sont plus fortuits, le cours régulier des corps planétaires.
On voit apparaître les divinités hermaphrodites (V). Le respect pour la virginité se com-
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(i) La fable d'Idnna, dont nous avons parlé ailleurs (t. IV , p. 27), a aussi son sens astronomique. C'est sous la forme d'une hirondelle que Loke va chercher la pomme merveilleuse dont la privation condamnait les dieux aux infirmités de la vieillesse. L'hirondelle était le symbole du printemps. Le printemps rend aux dieux leur première force, parce qu'il ranime la nature abattue sous les rigueurs de l'hiver.
(a) V. pour les dieux hermaphrodites des Scandinaves, le t. III , p. 370, et IV , p. 193. Loke a des enfants comme homme et comme femme ; il est le père d'Héla, du serpent Mitgard et du loup Fenris , qu'il engendre avec la géant? Augustabode. Il est la mère de Sleipner qu'il procre'e
bine avec les enfantements des vierges (i), et le Nord reçoit avec surprise, mais sans résistance, les cosmogonies ténébreuses et bizarres de l'Orient (2). Le dieu suprême seul, puis avec les géants de la Gelée , médite sur la création , comme Brama avec les neuf Richis. Les membres d'un de ces géants forment le monde, comme le corps partagé de la déesse Omorca : ce monde doit être détruit, et nous avons rapporté la peinture effrayante que les Eddas présentent de cette dectruction (3).
Mais il y a plus. Indépendamment de ce dogme, inhérent à toutes les croyances qu'enseignent les prêtres, une notion plus subtile et non moins sacerdotale plane dans quelques parties des Eddas. La création n'y est
■ avec Suadelfari. Freya , par une analogie frappante avec CybèJe , est hermaphrodite, quoique femme d'Odin.
(1) La virginité a une protectrice spéciale parmi les déesses , Ge'fîona , surnommée la bienheureuse. Heimdall, le portier céleste, est le fils de neuf vierges à la fois. Edda, a 5e fable. ,
(a) Riih, Scandin. Nous avons exposé ailleurs (t. III, p. a6ç;-a7o) la cosmogonie Scandinave, nous ne la reproduisons pas ici.
.(3) V.'t.IV, p. 184.