‹ De la religion (volume 2)Chapitre 68 sur 109 · LIVRE XIV, CHAPITRE III. I · texte numérisé non relu

LIVRE XIV, CHAPITRE III. I

qu'une illusion, les dieux créateurs n'existent qu'en apparence, le temps qui contient la création n'a pas plus de réalité, et là seulement, où l'un et l'autre s'évanouissent, commencent le vrai, l'éternel, l'unique (ij. Tout ceci est identique avec le Bhaguat-Gita.

Le monde étant créé, un dieu supérieur domine tous les autres dieux (2) : à côté de lui se place un rival, mais inférieur, chef des divinités malfaisantes (3). Un dieu médiateur essaie de rétablir l'harmonie détruite (4). Un dieu mourant expie l'univers, et il faut observer que ce dieu, Balder, est le plus doux, le plus pacifique, le plus vertueux de tous : aussi ne monte-t-il point dans le Valhalla. C'est dans le Nifleim qu'il va continuer sa paisible carrière. Idéal de la perfection divine, agneau céleste et sans tache, il meurt par une suite mystérieuse de sa perfection même, pour purifier Odin de son premier

(1) Moue, Symbol., 479.

(a) T. IV, p. ,2,.

(3) ib., 148. '

'4) Th., 168.

meurtre, du meurtre du géant Ymer. Qui pourrait méconnaître ici une doctrine sacerdotale (i)?

Une démonologie, non moins régulière que celle de l'Egypte ou de la Perse, peuple l'azur des deux, la surface de la terre, et les gouffres profonds où les humains ne pénètrent pas. Les Woles, interprètes des lettres runiques, parcourent les champs où luttent les braves; tour à tour parques inexorables , brisant le fil qu'elles ont tissu, ou Valkyries charmantes, dédommageant par leurs appas les héros atteints d'une mort précoce, tantôt encore cygnes ou corbeaux, ou bien invisibles, identifiées avec l'onde qui murmure et l'air qu'elles agitent- Les Elves, fils de la lumière et brillants comme le soleil, peuplent un royaume qui porté leur nom (2), et ils en descendent pour servir les hommes. D'autres, noirs comme la poix, demeurent sous la rerre (3). Nains la-

(1) Les dieux qui, lors du Raguarokur, marchent à une mort certaine, pour combattre Loke, sont envisa gés par plusieurs mythologues, comme s'immolant pour la destruction du mal.

(t.) Alfsheim, Grimnismal , Str. 5.

(3) Nouvelle Edda, fable i5.

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