‹ De la religion (volume 2)Chapitre 87 sur 109 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Des inconvénients du principe stationnaire , même dans les religions qui ne confèrent au sacerdoce qu'un pouvoir limité.

Ijien que les Grecs fussent le seul peuple de l'antiquité qui n'eût pas subi le joug de la puissance sacerdotale, il y avait pourtant un sacerdoce en Grèce ; ce sacerdoce avait quelque aotorité. Il était parvenu, autant que l'indépendance de l'esprit national le lui avait permis, à conquérir, pour la religion et pour ses dogmes, une place légale dans la constitution de l'état.

Qu'en résulta-t-il ?

Les lumières s'étaient répandues, et repoussaient des fables absurdes. Les moeurs adoucies s'étaient mises en opposition avec des traditions plus ou moins barbares. Le caractère des dieux subissait les changements que cette

révolution devait entraîner. Elle était accomr plie de fait, avant d'être proclamée en théorie. Des sages, des philosophes, des moralistes déclarèrent enfin la vérité qui était, avant leur déclaration.

Aussitôt, parce que la croyance religieuse faisait partie de la constitution de l'état , le sacerdoce de s'écrier que la constitution de l'état va être ébranlée.

Anaxagore prouve que la matière inerte, grossière, telle que la concevait l'intelligence, lorsque, dans ses premiers essais, elle croyait comprendre ce qu'était la matière et ce qu'était l'esprit pur, ne pouvait composer la substance des dieux immortels; les prêtres athéniens l'accusent d'en nier l'existence, et il est exilé.

Socrate affirme que les natures divines ne sont ni bornées, ni imparfaites, ni vicieuses, qu'on les outrage en voulant les séduire (r), qu'elles n'ont jamais ni commis, ni protégé

(i) Ceux-là, dit son disciple ( deleg.,lib. X), sontimpies envers les dieux, qui pensent que les coupables les apaisent par des sacrifices.

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