‹ De la religion (volume 2)Chapitre 90 sur 109 · LIVRE JCT, CHAPITRÉ II · texte numérisé non relu

LIVRE JCT, CHAPITRÉ II

les lois de Moïse s'est lancé dans cette carrière hérissée d'écueils, nous ne l'y suivrons pas. Mais le principe admis, la religion de l'état transformée en loi; les conséquences qu'il en déduit ne sont pas contestables. Pour les éluder, il faut supposer les juges reconnaissant la mission divine. Alors eux-mêmes auraient été des ennemis de l'ordre établi , des rebelles punissables par les lois. Ce n'est point sur eux, c'est sur ces lois, que le reproche tombe. Ce sont ces lois qu'il eût fallu abolir.

Si nous avions pu traiter ici de l'ensemble du polythéisme romain, nous aurions fait ressortir plus clairement encore les suites funestes du principe stationnaire, bien plus solennellement consacré à Rome, qu'en Grèce. Sans doute, et nous le démontrerons ailleurs , le polythéisme romain était sous plus d'un rapport supérieur dans sa partie morale à la religion grecque. Mais tout ce qui a été vicieux, oppressif, féroce (i) dans cette république aristocratique,

(1) Une anecdote curieuse montre le sacerdoce romain, même dans un temps où les lumières combattaient son influence, l'exerçant aux dépens des affections les plus

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n'en doit pas moins être attribué aux traditions religieuses, perpétuées malgré la marche de la civilisation.

La servitude des plébéiens, errants sans patrimoine, privés d'asile, sur le sol qu'ils avaient conquis, dépouillés de tout droit réel, et n'arrachant à leurs tyrans quelques institutions défensives, qu'en se révoltant contre des lois sanctionnées par des souvenirs sacerdotaux , l'interdiction des mariages entre les deux ordres, cette continuation à peine adoucie de la division en castes, la privation d'une part égale aux cérémonies du culte, tout ce qui , en froissant les intérêts, en blessant l'orgueil légitime, préparait des convulsions sans terme et sans remède, fut la suite du principe stalionnaire. Grâce au patriotisme de ces plébéiens si maltraités , Rome

chères et des devoirs les plus sacrés. Sylla célébrait des jeux en l'honneur d'Hercule. Métella sa femme tomba dangereusement malade. Les prêtres déclarèrent qu'il ne lui était permis, au moment où il s'occupait d'une cérémonie religieuse, ni de voir sa femme, ni de la laisser mourir dans sa maison. Il la répudia^ on la porta dehors expirante, et il lui fit ensuite, de magnifiques funérailles.

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