LIVRE XV, CHAPITKF III. I
Si l'autorité politique se joint au zèle religieux pour la perpétuité de la doctrine (et le principe une fois admis, elle doit s'y joindre ), elle investit nécessairement le sacerdoce de ces moyens de force. Delà l'introduction d'un pouvoir matériel dans le domaine de la conscience ; de-là les persécutions et les supplices (i).
" suite, quand la persuasion est sans effet, par toute la « force du magistrat et des lois. Tel est l'esprit de coni version et d'intolérance du christianisme-. S'il est juste « de corriger , de réprimer et de punir ceux qui avancent des doctrines contraires à l'état, pourquoi serait-il injuste et cruel d'en faire autant pour le bien du christia-; • ■ nisme, qui, d'après les témoignages des écrivains profanes eux-mêmes, est le plus grand bien que les hom- 'i mes puissent donner ou recevoir , le meilleur de tous « les systèmes, et même pour cette vie, la source la plus * pure et la plus vraie de la félicité terrestre et sociale? » (Histoire critique des révolutions de la philosophie dans les trois derniers siècles, par Appiano Buonafede, général des Céleslins, sous le nom d'Agatôpisto Oromazziano. T.V,P.55.)
(i) Nous devons remarquer ici que la Charte française, à moins qu'on n'abuse des mots, pour donner à ses dispositions.un sens arbitraire, ne tombe point dans le vice que nous reprochons aux constitutions de l'antiquité. Elle déclare une communion la religion de l'état : c'est déclarer un fait. L'état, c'est la majorité des Français.
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Mais ce n'e;st pas le seul danger.
Dès que le sacerdoce est parvenu à former une alliance avec la puissance politique , il s'applique à la fortifier, à l'affranchir de toute autre résistance que celle qui viendrait de lui ; et le despotisme temporel est la suite inévitable du despotisme des prêtres. Les mages, consultés par les rois de Perse, applaudissaient à leurs incestes, et les proclamaient audessus des lois. Toutes les fois que le sacerdoce a eu pour complices l'aristocratie ou la royauté, il a prononcé l'anathème contre toutes les libertés et les droits des peuples (i). Et, de
Cette majorité professe le catholicisme : mais la charte consacre l'égalité des cultes, et laisse intact le droit de s'en séparer.
(i) Dans le moyen âge, dit un historien , le clergé déclamait en chaire contre les communes : il les appelait exécrables. Il s'indignait de ce que, contre tout droit, des esclaves se dérobaient par force à leurs maîtres. Ce qui prouve que si la religion chrétienne a détruit.l'esclavage, ses ministres ne l'ont guère aidée dans cette œuvre de charité. Voici ce qu'un écrivain du temps raconte de l'évêque Guilbert : « Inter missas sermonem habuit de execrabilibus communiis, in quibus contra jus et fas violenter servi à dominorum jure se subtrahunt. » Le mot de