‹ De la religion (volume 2)Chapitre 94 sur 109 · LIVRE XV, CHAPITRE III. I · texte numérisé non relu

LIVRE XV, CHAPITRE III. I

nos jours encore, lisez les ouvrages de ceux qui voudraient ressusciter la théocratie. La douceur à laquelle le siècle les force ne sert que de voile bien diaphaue à leurs regrets, leurs apologies, leurs appels à l'inquisition (i).

commune lui semblait un mot nouveau et détestable, «novura ac pessimum nomen. » Ducange, Gloss. Verbo Communia.

[i) Les auto-da-fé, dit l'auteur du Catholique , se célébraient avec une pompe qui nous parait horrible. L'inquisition a été nationale en Espagne , elle n'a pas étouffé le génie castillan, elle n'a pas empêché les grands poètes, les grands historiens de fleurir dans la Péninsule, elle n'a fait aucun tort à l'industrie (c'est-à-dire que depuis l'expulsion des Maures et surtout depuis Philippe II , la population de l'Espagne a diminué des deux tiers), les Espagnols ne s'en sont jamais plaints : elle ne s'est prononcée, en général , contre les athées et contre les impies, que lorsqu'ils cherchaient à faire des prosélytes; elle n'a jamais tourmenté les consciences et n'a frappé que la contagion du crime. ( Cathol. , XV, 4^3 -4 24.) Ailleurs, pas un mot de pitié pour Arnaud de Bresse, de la satisfaction de ce que Servet expie ses erreurs sur le bûcher, de ce que Savonarole périt dans les flammes, de l'approbation du gouvernement de Pologne proscrivant la secte entière de* Sociniens (Cathol., VI, 412-421-426-432); et M. de Maistre qui, en parlant de l'inquisition et de ses supplices, les appelle l'exécution légale d'un petit nom-

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Voyez combien l'indépendance de la pensée , la liberté de la discussion, tout ce qui peut répandre les lumières hors de l'enceinte privilégiée, les blesse et les courrouce (1). Écoutez Bossuet : Pourquoi commandent les hommes , si ce n'est pour que Dieu soit obéi (2) ? Écoutez un auteur plus moderne : L'Église est la vraie souveraine; elle juge le temporel, le

bre d'hommes, ordonnée par un tribunal légitime, en vertu d'une loi antérieure, dont chaque victime était parfaitement libre d'éviter les dispositions, et suppute dédaigneusement les gouttes de sang coupable, versées de loin en loin par la loi ! (Des Sacrifices , p. 4.28 et 429. :

(1) «Lire devrait être la prérogative de ces intelligen- « ces fortes, qui, après avoir bien compris, enseigne h raient ce qu'elles auraient ainsi appris elles-mêmes. Les « esprits trop faibles pour s'adonner à des études graves « se détériorent en lisant : c'est un acte de folie que de « livrer les trésors de l'intelligence à la merci d'une foule « avide, qui les dissipe, et ne sait point les faire servir à <c son profit. C'est un des plus grands crimes que l'on « puisse commettre, d'initier le vulgaire à la lecture d'é « crits sophistiques, où il ne peut puiser que de crimi- « nelles inspirations. » (Le Catholique ,n° 8.)

Ne dirait-on pas un mage ou un brame, voulant faire verser de l'huile bouillante dans la bouche de ceux qui parlent, ou fendre la tête de ceux qui lisent? •

(2) Oraison funèbre de la reine d'Angleterre.

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