‹ De la religion (volume 3)Chapitre 109 sur 152 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

EJforts du sentiment religieux pour s'élever au-dessus de cette forme.

±EL est donc le culte de l'état sauvage (laS). C'est la religion à l'époque la plus brute de l'esprit humain. Elle est en arrière de toutes les formes que nous aurons bientôt à décrire. Elle ne réunit point ses dieux en un corps , comme le polythéisme des nations policées. Ses vagues notions du grand Esprit ne s'élèvent point à la hauteur du théisme. Elle choisit ses protecteurs dans une sphère bien inférieure. Elle n'a point l'esprit jaloux , mais compacte de la théocratie, qui, plaçant son dieii en hostilité perpétuelle a^ppc tous les autres, crée l'esprit national et le* patriotisme par l'intolérance.

Dans cette conception étroite et informe

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réside néanmoins le germe des hautes idées qui, par la suite, se déploieront à nos regards.

Les objets consacrés par le culte du Sauvage sont nuisibles, inutiles, monstrueux, ridicules : mais n'est-ce pas une preuve évidente du besoin qu'il a d'adorer?

Il attribue la vie et l'intelligence à tous les objets. Il pense que tous agissent sur l'homme, lui parlent , le menacent , l'avertissent. Le spiritualiste , qui n'aperçoit rien dans la nature qui ne soit animé de l'esprit divin, le panthéiste , qui conçoit la divinité inhérente à toutes les parties du monde physique , ne font que suivre la route vers laquelle le Sauvage , dans ses notions confuses , dirige ses pas chancelants. Son culte n'est que le sentiment religieux sous sa première forme. C'est l'homme demandant à la nature qu'il ne connaît ni ne peut connaître, où donc est la force, la puissance, la bonté : et ce sentiment religieux, quelque grossier qu'il paraisse encore , est plus noble et plus raisonnable que tous les systèmes qui ne voieptdans la vie qu'un phénomène fortuit , dans 'l'intelligence qu'un accident passager.

Nous avons indiqué déjà quelques-uns des

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