‹ De la religion (volume 3)Chapitre 129 sur 152 · LIVRE II , CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE V

vages SOUS deux points de vue, suivant qu'on s'attache à ce qui vient du sentiment, ou à ce qui est l'œuvre de l'intérêt. Le sentiment éloigne l'objet de son culte pour mieux l'adorer : l'intérêt le rapproche pour mieux s'en servir.

De là , d'une part , une certaine tendance vers le théisme, tendance qui doit demeurer long-temps stérile, parce que la divinité ainsi conçue est trop subtile pour une intelligence naissante. De là, d'une autre part, des notions grossières qui ne peuvent tarder à être insuffisantes, parce qu'elles sont trop matérielles pour qu'une intelligence qui se développe ne soit pas forcée à les rejeter.

N'apercevoir dans la croyance des hordes ignorantes que le fétichisme, c'est méconnaître les élans de l'ame et les premiers essais de l'esprit. Y voir le théisme pur, c'est devancer les progrès du genre humain, et faire honneur à l'homme encore brut des découvertes difficiles et tardives d'une raison long-temps exercée.

2t8 DE LA RELIGION.

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