‹ De la religion (volume 3)Chapitre 140 sur 152 · LIVRE II, CHAPITRE VII. l'^'J · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VII. l'^'J

bûchers, les morts et leurs esclaves on leurs concubines.

Les chefs des hordes ont pensé quelquefois qu'en égorgeant d'autres hommes , ils retarderaient le terme fixé par la nature à leur propre destinée , ou que ces victimes leur serviraient, près des forces invisibles, de messagers, oi'Çanes de leurs hommages et de leurs prières.

Enfin la soif d'arracher à l'avenir les secrets qu'il recèle , et que les dieux ont caché peutêtre dans les entrailles humaines, a porté la curiosité féroce à fouiller dans ces entrailles d'une main sanglante.

Ces causes diverses ont introduit les sacrifices humains chez un grand nombre de tribus sauvages.

Mais le principe du raffinement dans le sacrifice a du favoriser particulièrement la pratique de ces rites exécrables. L'effusion du sang humain est devenue l'offrande la plus précieuse, parce que la vie est aux yeux de l'homme ce qu'il y a de plus précieux; et parmi ces horribles offrandes, les plus méritoires ont dû être celles qui frappaient les victimes les plus chères. Rien n'est plus terrible que la logique dans l'absurdité (220).

C'est d'aprèvS ce principe que nous retrouvons chez les habitants de la Floride et sur les côtes d'Afrique (221), cette abnégation des liens du sang, ces enfants immolés en présence de leurs mères; coutumes effroyables, que notre enfance avait pris l'habitude d'admirer dans l'obéissance d'Abraham, et qui nous révoltent chez des hordes que nous ne somnaes pas façonnés à respecter.

Il est si vrai que ces pratiques sont l'effet du calcul et de l'autorité des jongleurs, que moins une horde leur est asservie , moins on y rencontre ces rites barbares, et qu'alors ce sont les devins qui les réclament comme une condition indispensable pour la révélation des choses futures (222). Nous remarquerons, de plus, quand nous traiterons des peuples entrés dans la civilisation, que les sacrifices humains tombent toujours en désuétude parmi ceux de ces peuples qui ne sont pas subjugués par les prêtres, et qu'ils se perpétuent chez toutes les nations qui sont courbées sous leur joug.

Il en est de même de cette notion de chasteté que nous avons vue l'emportant dans le cœur du Sauvage , sur ses penchants les plus impérieux. Non-seulement, comme nous l'a-

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