‹ De la religion (volume 3)Chapitre 5 sur 152 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

En premier lieu , ceux de l'antiquité étaient condamnés à l'imposture par leurs fonctions mêmes. Des communications merveilleuses à entretenir avec les dieux ^ des prestiges à opérer, des oracles à rendre, leur faisaient de la fraude une nécessité. Nos croyances, plus épurées, ont délivré les prêtres de nos jours de ces obligations corruptrices. Organes de la prière, consolateurs de l'affliction, dépositaires du repentir, ils n'ont, heureusement pour eux, point d'attributions miraculeuses. Tel est le progrès de nos lumières, et le calme que des doctrines moins matérielles ont répandu dans tous les esprits, que le fanatisme lui-même, s'il existe, est forcé de respecter des barrières qu'il était de l'essence du sacerdoce ancien de franchir, et par-delà lesquelles le siège de son influence était placé.

Que si des individus tentejit de renver-

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ser ces barrières , ces essais partiels, interrompus, réprimés, sont des torts et non des périls, des sujets de blâme et non des moyens d'empire.

Secondement, la puissance illimitée des druides ou des mages ne saurait jamais redevenir le partage de nos prêtres. Enclins que nous sommes à concevoir et même à trouver raisonnables et fondées les alarmes de ces raisons prévoyantes qui se plaignent de ce que le sacerdoce tend à se constituer en corps dans l'état, nous croirions néanmoins être par trop ombrageux, si nous supposions que les prérogatives qu'il possède , ou celles que momentanément il usurperait, le mettraient de niveau avec des castes qui dominaient sur la royauté , précipitaient les rois du trône , accaparaient toutes les connaissances , se créaient une langue à part , érigeaient l'écriture en monopole, et, juges, médecins.

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