‹ De la religion (volume 3)Chapitre 74 sur 152 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Plan de notre ou{>rage.

JLiE tableau que nous venons de tracer des diverses manières dont on a jusqu'ici considéré la religion , nous paraît prouver qu'il existe encore sur ce point important une lacune. Nous avons essayé de la remplir autant que nous l'ont permis nos forces.

Nous n'avons déclaré la guerre à aucun dogme : nous n'avons attaqué la divinité d'aucune des croyances qu'entoure la vénération publique. Mais nous avons pensé qu'on pouvait écarter avec respect , car tout ce qui touche à la religion mérite du respect , nous avons pensé , disons - nous , qu'on pouvait écarter avec respect des questions épineuses , et partir d'un fait qui nous semble évident. Ce fait, c'est que le sentiment religieux (36) est

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un attribut essentiel , une qualité inhérente à notre nature.

Nous avons observé les formes que ce sentiment pouvait revêtir. Nous les avons trouvées proportionnées nécessairement à la situation (les individus ou des peuples qui professent une religion.

N'est-il pas clair, en effet, que le sauvage qui ne subvient à sa subsistance que comme les habitants des forêts, ne saurait avoir les mêmes notions religieuses que l'homme, civilisé? Quand la société est constituée, mais que les lois physiques du monde sont encore ignorées, n'est-il pas simple que les forces physiques soient les objets de l'adoration? A. une époque plus avancée, les lois de la nature physique étant dévoilées , l'adoration se retire sur le terrain de la morale. Plus tard, l'enchaînement des causes et deS effets en morale étant découvert , la religion se retranche dans la métaphysique et la spiritualité. Plus tard encore, lorsque les subtilités de la métaphysique sont abandonnées, comme impuissantes à rien expliquer, c'est dans le sanctuaire de notre ame que la religion trouve heureusement son inexpugnable asyle.

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Tel a donc été notre premier principe. Nous avons dit : la civilisation étant progressive, les formes religieuses doivent se ressentir de cette progression : et l'histoire nous a confirmés dans ce premier résultat de nos recherches.

Nous avons alors examiné quelles étaient les époques de cette progression, et nous avons cru remarquer que chaque forme religieuse se divise en trois périodes distinctes.

L'homme s'élance d'abord vers une religion, c'est-à-dire, il cherche d'après son instinct et ses lumières, à découvrir les rapports qui existent entre lui et les puissances invisibles. Quand il croit avoir découvert ces rapports, il leur donne une forme régulière et déterminée.

Ayant pourvu de la sorte à cette première nécessité de sa nature, il développe et perfectionne ses autres facultés. Mais ses succès mêmes rendent la forme qu'il avait donnée à ses idées religieuses disproportionnée avec ses facultés développées et perfectionnées.

Dès ce moment, la destruction de cette forme est inévitable. Le polythéisme de l'Iliade ne convenant plus au siècle de Périclès, Euri-j

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