‹ De la religion (volume 3)Chapitre 81 sur 152 · LIVRE 1 , CHAPITRE VIII. 1 I · texte numérisé non relu

LIVRE 1 , CHAPITRE VIII. 1 I

nous, mais de celles qui, mortes déjà pour les hommes qui nous ont précédés sur cette terre, n'avaient laissé chez les nations les plus reculées que des traces vagues et un faible souvenir; ce ne peut être qu'en voyageant sur tout notre globe et en i'etournant, pour ainsi dire, les couches nombreuses accumulées l'une sur l'autre par la succession des âges , qu'ils rassembleront les matériaux indispensables au succès dont la noble espérance les soutient dans tous leurs efforts.

Mais ce succès, précieux en lui-même, ne fera toutefois que les ramener au point où nous sommes. L'hypothèse d'un peuple primitif impose à ceux qui l'adoptent une difficulté de plus à résoudre. D'une part, reportés par ce système au-delà de l'histoire de l'espèce humaine, ils doivent se jeter dans l'étude de celle des grandes époques de notre globe, pour rendre compte des révolutions physiques par lesquelles ce peuple primitif a été détruit ; et c'est ainsi que toutes les fois qu'on s'occupe à fond d'une question quelconque , on arrive à sentir que pour savoir complètement une chose, il faudrait ne rien ignorer. D'une autre part, la destruction du peuple primitif étant incontes-

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table , plusieurs de ses parties se sont vues forcées de recommencer le grand œuvre de la civilisation. On peut tout au plus supposer dans quelques contrées quelques souvenirs d'une situation antérieure, quelques traditions, quelques usages. Mais ces souvenirs sont confus, ces traditions vagues, ces usages inexplicables par l'oubli de leurs motifs , et l'ensemble des conjectures devra toujours commencer à cet état de grossièreté et d'ignorance d'où nous avons cru devoir partir.

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