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LIVRE IV, CHAPITRE Xf. 2l

la révélation qui lui a été accordée. Ces choses sont une portion de la lutte qui est son partage, et cette lutte est son moyen de perfectionnement. Conduit vers ce but par un pouvoir qui asservirait sa volonté, il perdrait la qualité d'être libre; et réduit au rang de machine, sa perfection ne serait plus que du mécanisme. L'amélioration n'aurait plus rien de moral. La Divinité confie à l'homme la vérité, qu'il doit défendre, conserver, accroître: telle est la mission de son intelligence. Mais en le chargeant de cette mission, elle ne change point sa nature; elle laisse cette nature telle qu'elle était, imparfaite, sujette à l'erreur, pouvant se tromper sur les moyens, en prendre de mauvais, de défectueux, de coupables même.

Appliquons ce système à la révélation de Moyse. Nous le voyons naître dans un pays adonné aux superstitions les plus grossières, au sein d'une tribu regardée comme immonde, et plus ignorante encore que le reste du peuple. Or le théisme n'est pas compatible avec un tel degré d'ignorance. Comment donc Moyse a-t-il devancé son siècle? On a voulu faire honneur de son théisme à l'Egypte. On a pensé

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que, gendre d'un prêtre égyptien, il avait pu connaître les doctrines secrètes du sacerdoce de cette contrée, et en composer sa religion. Cette opinion nous paraît tout-à-fait erronée. Quand nous exposerons les diverses philosophies des peuples barbares, et les mystères des Grecs, dans lesquels ces philosophies s'étaient introduites, nous aurons occasion de montrer combien le théisme, qui s'y amalgamait avec le panthéisme, ressemblait peu à la notion de l'unité de Dieu, telle que les livres Hébreux nous la présentent, simple, claire, établissant entre la Divinité et les hommes des rapports moraux. Ce dernier caractère constitue la différence essentielle qui sépare ces deux espèces de théisme : il n'y avait rien que de cosmogonique, dans le Dieu suprême des philosophies sacerdotales. Ce Dieu n'était que la réunion des forces occultes de la nature, personnifiées dans une abstraction, bien que ces deux mots semblent se contredire, ou la confusion de tous les attributs de ce genre disséminés entre les divinités populaires; l'absence de de toute providence particulière, la privation d'intelligence et d'individualité, en étaient les traits distinctifs. A la vérité, lors du déclin du

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