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LIVRE IV, CHAPITRE XI. 9.1Y

temps et chez un peuple également incapables d'en concevoir l'idée et de la conserver, sont à nos yeux des phénomènes qu'on ne saurait expliquer par le raisonnement. Qu'ensuite ce que nous nommons révélation , enseignement de la Providence, lumière due à sa sagesse et à sa bonté, d'autres l'appellent sentiment intime, développement d'un germe déposé dans [l'ame humaine, peu nous importe. Pour qui croit en Dieu, toute lu-

« camp. Aussitôt Josué, fils de Nun, qui était un des « jeunes hommes qui servaient Moyse, lui dit : Moyse, « mon seigneur, empêchez-les; mais Moyse répondit : << AVez-vous donc des sentiments de jalousie en ma con- « sidération ? Plût à Dieu que tout le peuple du Seigneur « eût le don de prophétie, et que le Seigneur répandît « son esprit sur eux! » (Nombr. XI, 27-29.) Comparez cette libéralité de sentiments dans Moyse avec les institutions d'Egypte, où il y avait aussi une classe de prêtres, nommés prophètes , mais tirés de l'ordre sacerdotal , et héréditaires. Enfin , un passage du Deutéronome (XVII, 14) prouve que Moyse prévoyait la royauté,, c'est-à-dire la fin du gouvernement des prêtres. Il l'annonce sans la désapprouver, et c'est à nos yeux un nouvel indice que la puissance du sacerdoce n'était dans ses projets qu'un moyen temporaire : mais cet ordre puissant se joue des prévoyances, et il n'est donné à ceux qui l'instituent de limiter ni son pouvoir ni sa durée.

mière vient de lui, comme tout ce qu'il y a en nous de bon et de noble : et la révélation est partout où il y a quelque chose de vrai, de noble et de bon.

Mais, dans le cas particulier de Moyse, de quoi se composait ce que nous nommons révélation, si ce n'est uniquement de la connaissance de l'unité de Dieu , et de la sanction religieuse donnée par ce Dieu unique aux devoirs et aux obligations morales de l'homme?

La délivrance des Hébreux , esclaves en Egypte, leur réunion en corps de nation indépendante, leurs migrations, leurs conquêtes, toutes ces choses sont dans la sphère des choses humaines : elles doivent être jugées comme toutes les choses humaines.

Sans doute l'entreprise de Moyse était noble et généreuse, et, dans un certain sens, on peut dire qu'affranchir ses concitoyens , est une mission émanée du ciel. Mais cette entreprise n'excède point les forces dont notre nature a été douée. D'autres l'ont essayé, d'autres y ont réussi aussi-bien que Moyse.

Sans doute encore, c'est toujours au nom de Jéhovah qu'il commande ; c'est au nom de Jéhovah qu'il inculque aux Juifs l'humanité ,

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