LIVRE IV, CHAPITRE XI
Mais des périls de tout genre menaçaient la tribu dont il était le guide et l'appui.
rent de tout le pays, sous la conduite d'un prêtre d'Osiris, nommé Tisithès, et plus tard Moysè; mais chassés derechef, ils adoptèrent une religion nouvelle et ils envahirent la Judée. (Joseph, contr. Apion, lib. I.) Suivant cette tradition, attribuée à Manéthon, à Chérémon ou à Lysimaque, ce fut Aménophis qui rassembla les Hébreux à Avaris. Ils sont désignés sous le nom de lépreux. La politique commandait aux Égyptiens de délivrer leur pays des restes de ces tribus de pasteurs, qui s'étaient multipliées d'une manière effrayante ; quelque calamité physique les confirma peut-être dans cette résolution, et l'intérêt qu'avaient les Hébreux à sortir d'esclavage, en facilita l'exécution. Quant à l'épithète de lépreux, donnée aux fugitifs, elle fut vraisemblablement l'effet de la haine nationale ou l'équivalent d'impurs, ce qu'étaient les Juifs, en leur qualité de pasteurs, d'après, les opinions égyptiennes. (Goerres, II, 467-469. ) Herder (Philosophie de l'Histoire, t. III, p. 86) a quelques pages utiles à lire sur l'établissement et le séjour des Hébreux en Egypte. Diodore raconte le même fait que Josephe, avec d'autres détails. « Une grande peste, dit-il, s'étant répandue dans l'Egypte , les habitants de cette contrée attribuèrent ce fléau à quelque offense faite aux dieux par les étrangers qui professaient des religions différentes, et ils les mirent tous hors de leur pays : le plus grand nombre de ces bannis se rejeta dans la région qu'on appelle maintenant Judée , et qui était
Timide, indécise, avilie par quatre cent trente ansd'uneservitude(i)que desdangers pressants, des privations cruelles, lui faisaient presque regretter, elle avait contracté des habitudes que sa haine contre les Égyptiens ne pouvait rompre. Moyse avait toujours à craindre qu'elle n'allât redemander ses fers, ou que, même loin de l'Egypte, elle ne redevînt une peuplade égyptienne. C'est à prévenir cette rechute qu'il destina toutes ses institutions. Ce but se discerne dans ses lois fondamentales, comme dans ses règlements les plus minutieux. Il est empreint sur les vêtements, il préside à la nourriture, il dirige les travaux du pauvre, il surveille le luxe du riche, il assiste encore aux funérailles de tous (2); et ce but cependant
alors déserte. Leur chef était Môyse, homme supérieur par le courage et la prudence. » ( Fragment conservé par Plotin, traduction de l'abbé Terrasson.) D'un autre côté la Bible est formelle, et d'après les chapitres III-XII de l'Exode, c'est contre le vœu de Pharaon que les Hébreux quittèrent l'Egypte.
(1) Exode, XII, 40.
(a) Ainsi, par exemple, il était défendu aux prêtres hébreux de se raser la tête, usage égyptien, ou de