‹ De la religionChapitre 117 sur 248 · LIVRE IV, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE XI

n'est jamaisatteintqu'iniparfaitemeiit,etMoyse est contraint sans cesse à des concessions qui l'indignent et qui l'affligent (i).

se montrer les cheveux épars , ce que pratiquaient plusieurs nations dans leurs cérémonies funéraires. ( Ézéchiel , XLIV, 20. Schmidt, de Sacerd. et Sacrif. jEgypt. p. 12.)

(i) Tous les auteurs qui ont écrit sur la religion juive, en connaissance de cause, Philon , Eusèbe , Origèue, saint Jérôme, saint Chrisostôme, Maimonide , ont avoué qu'il était resté dans les coutumes des Hébreux de grandes ressemblances avec celles de l'Egypte. (V. sur les conformités des deux peuples, Larcher, not. sur Hérodote, II, 122.) L'institution héréditaire des lévites chez les premiers était parfaitement pareille à la caste sacerdotale qui dominait chez les seconds. (Schmidt, de Sacerd. et Sacr. y£g. p. 8.) Le bœuf émissaire des uns était le type du bouc émissaire des autres. (Larch. loc. cit. i35.) Kircher prouve (OEd. JEg. I, 3oo) que le culte du veau d'or était une réminiscence d'Apis. L'oracle des Juifs, connu sous nom de Bat- Ko! , ou fille de la voix, était fondé sur les présages que les Égyptiens tiraient de la voix des enfants qui chantaient en jouant devant l'étable de leur bœuf sacré. (JABLONSK.Panlh. JEg.) Josephe reproche à l'Égyptien Apion d'attaquer sans le savoir les anciennes cérémonies de sa patrie, en insultant à celles des Hébreux. (De Antiquit. gent. judaïc. ap. Origen. contr. Cels.) Plusieurs écrivains grecs et latins ont confondu les rites des deux nations, tant était grande leur

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Tandis qu'il prépare ses victoires dans les contrées qu'il doit envahir, il faut qu'il remporte une victoire plus difficile, parce qu'à chaque instant elle peut lui échapper. De là ce besoin d'isoler son peuple et des souvenirs du passé, et des séductions du présent (i).

similitude. (Schmidt, loc. cit.) Cette similitude, si opposée à l'intention manifeste de Moyse, a souvent embarrassé les théologiens. Dieu voulait, dit saint Philippe (Monarchie des Hébreux), recevoir des hommages de son peuple à quelque prix que ce fût. Dieu paraît, dit Spencer, avoir, dans l'institution des rites mosaïques, été forcé et subjugué par une sorte de nécessité qui l'entraînait presque malgré lui, quasi coactus. ( Spencer, de leg. rit. Haeb. I, 196. )

(1) Israël habitera seul et en sûreté. (Deuter, XXXIII, 38, Gen. XLIII, 32.) Je suis le Seigneur votre Dieu qui vous ai séparés des autres peuples , pour que vous ne fussiez qu'à moi. (Lévit,9, 20, 34:, a5, 26.) La plupart des lois rituelles des Hébreux finissent par ces mots : « Observez cette loi, car elle est un signe entre vous et moi. (Exod. 3i, i3.) Vous n'agirez ni selon les coutumes du pays d'Egypte où vous avez demeuré, ni selon les mœurs du pays de Chanaan dans lequel je vous ferai entrer. Vous ne suivrez ni leurs lois ni leurs règles. ( Lévit. XVIII, 3 et suiv. ) » L'intention de Moyse s'aperçoit dans les désignations des lieux particuliers pour les sacrifices, et dans les peines pro-

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Dti là ces lois sévères contre des vaincus plus nombreux que les vainqueurs (i). De là

noncées contre ceux qui en offriraient ailleurs. Dans la partie même des lois qui se rapportent aux causes d'impureté, partie manifestement empruntée ou imitée de l'Egypte, le législateur cherche encore des lignes de séparation. (Spence,r, I, ji/j, 195.) C'est ainsi que s'expliquent mille interdictions qui semblent arbitraires, celles de semer dans les vignes, de faire cuire le chevreau dans le lait de sa mère, de manger de la chair crue, etc., etc. ( Deuter. XXII, 9 et suiv. ) Toutes ces interdictions étaient motivées sur quelque usage des nations voisines; il en est de môme de la défense de labourer avec un bœuf ou un âne. Si l'on veut voir en détail combien ce but est marqué dans les lois mosaïques, il faut lire le traité de Spencer que nous avons cité. (I, 277, 58^.)

(1) Il est à remarquer que dans ces mesures rigoureuses, Moyse a presque toujours la nécessité pour excuse. Condamnés à conquérir un sol qui les nourrît, les Hébreux étaient forcés de détruire les tribus qui, revenues de leur première épouvante et se réunissant eonti*e eux, les auraient tôt ou tard détruits eux-mêmes. La dévastation marchait donc inévitablement avec la conquête. Tout autre peuple en eût fait autant. Ce n'est point la religion de Moyse, c'est sa position qu'il faut accuser. Mais Moyse prévoit une époque où plus d'indulgence sera possible. « Quand vous approcherez d'une ville pour l'assiéger, » dit-il, « vous lui offrirez la paix. Si elle l'accepte et qu'elle vous ouvre

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ces châtiments effroyables contre les Juifs qui retournaient à l'idolâtrie. Plus d'indulgence envers les premiers aurait amené l'altération et la destruction de la nationalité juive; moins de rigueur envers les seconds aurait laissé s'effacer de leur esprit tout vestige d'un théisme qui n'était pas en proportion avec leurs lumières, et qui toutefois était leur seul caractère distinctif, leur point unique de cohésion. Mais il est évident que la révélation proprement dite, cet acte de la puissance suprême , se manifestant à l'homme pour lui expliquer son existence, et revêtir ses devoirs d'une sanction religieuse, n'avait rien de commun avec ces moyens d'un législateur pour gouverner un peuple, ou d'un conquérant pour assurer ses succès.

Qu'instruit de la grande vérité qui doit

ses portes, tout le peuple qui s'y trouvera sera sauvé et vous sera assujetti et tributaire.» ( Deutçr. XX, 10, ii.) Les chefs et les pontifes hébreux qui remplacèrent Moyse furent beaucoup plus impitoyables que lui. Samuel le surpasse en inflexibilité et en barbarie. On dirait qu'un luxe toujours croissant de cruauté et d'intolérance plaisait au sacerdoce une fois constitué.

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