‹ De la religionChapitre 119 sur 248 · LIVRE IV, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE XI

que cette lutte l'ait contraint à des rigueurs excessives; que pour avoir des gardiens fidèles

moriae proditos observemus, eos se hodie Deo voventes inveniemus, crûs idolis, nec citiùs Deum superstitionis aegyptiacœ hydram décollasse quàm monstrosa capita denuô repullulasseut. (Spenc. de leg. rit. Hebr. I, 21.)

Moyse fait fabriquer uu serpent d'airain, et les Juifs l'adorent. Gédéon transforme les dépouilles des ennemis vaincus en ornement sacerdotal , et les Juifs l'érigent en objet de culte. ( S. Phil. Mon. des Hébreux, I, 173. ) Le prêtre qui se met au service de Michas pour encenser les dieux étrangers, c'est un lévite. (Juges, XVII, 7. ) L'idolâtrie reparaît après Josué, après Othoniel , après Samgar (Juges, IV, 1 ), après Baruch , après Jaïr.

Les rois lui sont plus favorables encore. Dès la troisième généra lion, les monarques hébreux courbent leur front devant les idoles. Salomon leur élève de nombreux autels. Sous Roboam son fils, les royaumes d'Israël et de Juda se séparent. Le premier se livre tout entier à l'idolâtrie. Dans Juda même, Roboam s'y abandonne (Paralip. XII, x ), et ce culte subsiste pendant toute la vie de ce prince. Il en est de même sous Abia, son fils, qui reproche vainement à ses sujets leur culte insensé. (Paralip. XII, 1. ) Aza revient, il est vrai, à la loi mosaïque, il détruit les temples, brûle les bocages et sévit contre sa mère elle-même (Rois, XV, i3, Paralip. XV, 16); mais 71 ans plus tard, Joram retourne aux dieux étrangers. Athalie affermit leur pouvoir; Joas la renverse de son trône, et Joad, le grautj-

de la vérité dont son ame était pleine, il ait constitué un sacerdoce investi d'une puis-

prêtre, extermine tous les ministres du culte proscrit. Le roi qu'il a couronné devient bientôt lui-même infidèle. ( Paralip. II, i{\, 18. ) Son successeur, fort de son exemple, emprunte de tous côtés des idoles pour les adorer. (Paralip. II, 25, ï/j.) Azarias les expulse de nouveau, mais Ochaz les ramène dans le temple même de Jérusalem. (Paralip. II, 4, 23-25.) Ézéchias son fils, brise en vain leurs statues, et livre à la hache les bois sacrés. ( Rois, IV, 18, 4. ) Manassé les rétablit dans tous leurs honneurs. ( Rois, IV, XXI, 27.) Le sanctuaire, déjà souillé une fois, l'est encore par leur présence. Manassé imite avec zèle toutes les superstitions exotiques : il établit un oracle, il étudie la science des augures ; le premier d'entre les rois idolâtres, il tourne la persécution contre la loi mosaïque, il fait tuer un grand nombre de prophètes et périr Isaïe dans un supplice effroyable. Josias venge Jéhovah; sa rigueur est sans bornes : les simulacres sont livrés aux flammes, les ossements des morts déterrés, les prêtres égorgés sur leurs autels; et non content de ramener ainsi son peuple à l'adoration d'un Dieu unique , il porte ses ravages dans le royaume d'Israël , et sévit avec la même sévérité contre les vivants et contre les morts. ( Rois , IV , ch. XX , III. ) Mais qui le croirait ? son propre (ils s'empresse de réhabiliter l'idolâtrie. Les bocages refleurissent, les temples abattus se relèvent; les prophètes, qui luttent contre

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