‹ De la religionChapitre 12 sur 248 · LIVRE IÏI, CHAPITRE III. IO · texte numérisé non relu

LIVRE IÏI, CHAPITRE III. IO

colonies éthiopiennes (i) et indiennes. Celle de la Grèce fut l'ouvrage des Phéniciens et des Égyptiens. L'Étrurie était peuplée de sauvages, quand les Lydiens et ensuite les Pelages y abordèrent. Il parait que la Phénicie civilisa la Gaule , que la Gaule rendit le même service à quelques portions de la Germanie, et les habitans de la Scandinavie ignoraient l'état social, quand des Gètes victorieux y pénétré^ rent.

Mais il faut distinguer dans l'antiquité quatre espèces de colonies. Les unes furent purement conquérantes, les autres à la fois conquérantes

tentions à l'antiquité , rendent hommage à l'opinion commune de tous les peuples, en vertu de laquelle tous rapportent leur civilisation à des colonies. Voy. quant au fond de la question, Klaproth, Asia Polygl. p. 42 et suivantes.

(1) Depuis les découvertes récentes de M. Champollion jeune, découvertes confirmatives dés recherches des érudits allemands, nous aurions pu remplacer le mot de vraisemblance par celui de certitude, en prenant toutefois la précaution d'observer que la civilisation de l'Egypte par les Ethiopiens ne préjuge rien en faveur de l'originalité de la civilisation éthiopienne, qui peut avoir été portée de l'Inde en Ethiopie , pour être ensuite tran-r splantée d'Ethiopie en Egypte.

et sacerdotales, d'autres purement sacerdotales; quelques-unes enfin ne furent ni sacerdotales ni conquérantes.

Il est inutile d'avertir nos lecteurs que nous n'entendons par colonies conquérantes que celles qui s'emparèrent en entier des pays où elles pénétrèrent. Quelques combats partiels ne suffisent pas pour mériter ce nom à des colonies. Aucune ne s'est établie dans une contrée, sans livrer quelque bataille : mais lorsque le résultat de la lutte a été le mélange des deux peuples, il n'y a plus eu de conquête , dans le sens que nous donnons à ce mot. «

Les colonies purement conquérantes ne favorisent point le pouvoir du sacerdoce : l'effet de la conquête n'est point le gouvernement théocratique , mais le gouvernement militaire ou féodal , s'il nous est permis d'employer, en parlant de temps anciens, une expression moderne. La conquête détruit même quelquefois ou du moins limite l'autorité des prêtres. Cette autorité fut beaucoup moins grande dans les établissements nouveaux que dans l'ancienne patrie des Barbares qui se partagèrentd'empire romain.

Les colonies sacerdotales , sans mélange de

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