‹ De la religionChapitre 121 sur 248 · LIVRE fV, CHAPITRE XI. là · texte numérisé non relu

LIVRE fV, CHAPITRE XI. là

Or voilà les choses qu'on a confondues. L'esprit de secte a voulu, non -seulement que la doctrine de Moyse sur l'Etre suprême fût émanée d'une source divine, mais que les livres hébreux fussent divins jusque dans leur rédaction matérielle. Les faits racontés par Moyse et les écrivains qui viennent après lui n'ont pas été jugés comme des faits historiques, et suivant ces règles de morale qui sont la première et la plus intime des révélations : on a vu dans ces faits des actes de la volonté céleste, et l'on s'est imposé la loi d'approuver ce qui , dans toute autre circonstance, eût paru condamnable; de louer ce qui, dans les annales de tout autre peuple, eût paru affreux (i). Cet aveuglement dans un sens a produit un aveuglement en sens contraire. Nos philosophes, hommes éclairés,

dépôt chez une tribu spéciale, pour éclairer le monde, quand le monde serait susceptible de recevoir la liimière et de la comprendre?

(i) Grotius, dans son Droit de la paix et de la guerre, cite le massacre des nations vaincues par les Hébreux , comme des règles à observer et des exemples à suivre. Aza , Ézéchias, Josias, s'écrie Bossuet, exterminèrent

instruits, amis de la vérité, du moins lors de leur entrée dans la carrière, et jusqu'au moment où la lutte, irritant leur amourpropre, eut soumis leur impartialité à une épreuve qu'elle a mal soutenue, rencontrant dans les annales juives des récits prodigieux et des actions horribles, en ont fait l'objet de leurs moqueries et de leurs déclamations; et ces attaques provoquant des apologies qui reposaient sur un principe également faux, ces apologies ont dû contenir trop souvent l'éloge du crime et de la férocité.

La distinction que nous avons établie aurait épargné aux incrédules beaucoup de railleries froides et puériles , et aux hommes religieux beaucoup de contradictions sous le poids desquelles ils se sont toujours débattus vainement. Non certes, dût l'inquisition se lever en armes et l'orthodoxie de toutes les sectes nous

les sacrificateurs et les devins. Leur zèle n'épargna pas les personnes les plus augustes et qui leur étaient les plus proches... Jéhu fut loué de Dieu pour avoir fait mourir les faux prophètes de Baal, sans en épargner un seul. (Polit, de l'Écriture Sainte, liv. VII, art. 3, 9e ProP- )

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