LIVRE IV, CHAPITRE XII. 25g
accordée à ces populations obscures, proscrites parce qu'elles écoutaient la voix, de leur conscience, et refusaient de commettre Ce qui était, pour elles, des parjures et des sacrilèges; à ces Vaudois qui ne demandaient qu'à exercer dans leurs vallées leur culte paisible ; à ces Juifs tourmentés, dépouillés, brûlés de siècle en siècle; à ces Hussites qui du moins surent venger leur cbef livré aux flammes , en violation des promesses impériales; à ces Ecossais mis à mort par l'abominable duc d'York (i), faute de prêter le serment du Test, qu'il ne prêtait pas lui-même; à ces Huguenots traînés sur la claie , ou peuplant les galères. Quant aux royales infortunes de ces princes qui se prétendaient indépendants du pouvoir, sanction mystérieuse de leur despotisme, nous n'avons pu voir, d'après leur système, dans cette résistance tardive, qu'une rébellion inconséquente (2), et nous ignorons si l'Europe se fût bien trouvée de leur succès.
(1) Plus lard, Jacques II.
(2) Ces princes eux-mêmes pensaient ainsi, quand le pouvoir de la cour de Rome tournait à leur avantage. Philippe- Auguste déclarait le pape Innocent III
Un grand exemple est sous nos yeux , et cet exemple nous suggère quelques doutes.
Chez les nations sacerdotales de l'antiquité., le résultat du conflit entre l'autorité temporelle et l'autorité spirituelle a toujours été le triomphe de cette dernière. Mais chez une nation qu'on range d'ordinaire parmi les modernes, parce qu'elle existe encore, et qu'elle n'occupe aucune place dans l'histoire ancienne, le sacerdoce a été vaincu.
On devine que nous voulons parler des Chinois.
Il est incontestable que l'antique religion chinoise était une religion sacerdotale , reposant, comme toutes celles de cette catégorie, sur l'adoration des éléments et des astres (i). Les vestiges de ce culte se trahissent dans toutes les cérémonies solennelles conservées jusqu'à ce jour par une habitude qui
un usurpateur, quand ce pape mettait son royaume en interdit : mais quand Innocent III déposait à son profit Jean , roi d'Angleterre , Philippe-Auguste reconnaissait les droits qu'il venait de contester.
(i) Nous en avons déjà fourni des preuves ci-dessus, livre III, chap. V, p. fa-fô-