LIVRE IV, CHA.PIT11K XII. 27 1 t
bares (i), une corruption sans bornes, la ruse au service de la peur, une absence complète
l'Ecclésiaste, les Proverbes, le livre de la Sagesse, sont fort supérieurs à tous les écrits de Confucius. Nous ne parlons pas de la morale de l'Évangile, qui est incomparable. Sous le rapport de la politique, les ouvrages de Confucius ne sont qu'un code de servitude. Il prescrit une soumission aveugle aux caprices du prince, et loin de condamner les abus les plus révoltants, l'excès du pouvoir paternel, l'esclavage, la polygamie, la vente des enfants, il approuve les uns, et autorise les autres par sou silence. Relativement à la magie ou à la superstition, ne suffit-il pas de rappeler qu'il est l'auteur de l'Y-King ou livre des Sorts?
(1) Un fait assez récent, rapporté dans toutes les feuilles publiques de l'époque, constate la cruauté et le peu de générosité des empereurs chinois. En 1775, l'empereur ayant réduit les Mia-o-tsé, peuples retirés dans les montagnes, où ils n'avaient jamais été soumis, alla audevant de son général, pour le complimenter sur sa victoire; ensuite il rentra dans Pékin, pour y faire la cérémonie appelée Ché-ou-fou : elle consiste à recevoir les captifs, pris à la guerre, et à déterminer leur sort : elle a lieu dans la troisième cour du palais. On présenta les prisonniers à l'empereur, qui était assis sur un trône. On les fit mettre à genoux , ayant tous une espèce de corde de soie blanche autour du cou. On les conduisit ensuite dans une autre salle, de là dans une troisième, où les instruments de torture étaient tous étalés. L'empereur, assis sur un
de tous les sentiments généreux, une apathie qui ne le cède qu'à l'amour du gain, et jusque sur les traits de la figure humaine , morne et dégradée, une immobilité effrayante : voilà ce que nous contemplons en Chine. Nous pourrions ajouter à ce tableau des traits
petit trône, fit un signe, et tous les prisonniers furent mis à la torture. Enfin, un bâillon dans la bouche et jetés sur des tombereaux, ils furent taillés en pièces sur la place des exécutions. Le président du tribunal des rites avait représente que depuis un très-grand nombre d'années, on n'avait point fait cette cérémonie, qui était très-propre à contenir les peuples dans le devoir, et qui était consacrée dans le code de son tribunal. On loua le président de son zèle, et la cérémonie s'accomplit, poulie récompenser, dans le temple où l'on honore les esprits qui président aux générations. (Gazette de France, 27 avril 1778. Journal des Savants, juillet même année.)
N'est-il pas déplorable de penser que l'empereur qui se repaissait de cette boucherie raffinée était ce même Kien-long que nos philosophes ont vanté, parce qu'il a fait une froide et emphatique compilation, intitulée : Éloge de#la ville de Moukden?
Iliacos intrà muros peccatur et extra.
Il n'est pas inutile de rappeler encore qu'il est de droit positif et d'usage habituel , en Chine, d'envelopper la famille entière des coupables dans leur punition.