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LIVRE IV, CHAPITRE XII. Q.'jS

rencontra ni contradicteurs ni partisans (i). En dépouillant les prêtres de leur influence, les souverains temporels de la Chine semblent avoir hérité de leur esprit. Leur

(i) Ce que nous disons de la Chine pourrait s'appliquer de même au Japon, bien que les temples y soient très-nombreux et les rites fort multipliés. Mais le pouvoir sacerdotal, exercé par le Dairi, n'en est pas moins subordonné au pouvoir temporel, que le Koubo possède sans partage, et qu'il étend sur les prêtres, en s'arrogeant le droit de les destituer, et de les remplacer par des laïques qu'il salarie et qui sont révocables à sa volonté. Les précautions dont il environne le chef spirituel, qu'il fait garder à vue, sous prétexte de lui rendre hommage, sont des parodies qui flétrissent, et par là même détruisent tout sentiment religieux. Ce Dairi, réduit à gouverner le monde invisible, à distribuer aux dieux leurs fonctions, à entretenir avec eux des communications secrètes, et à faire l'apothéose du général dont il est l'esclave dans le monde réel, est un fantôme presque grotesque. Les Japonais sont dans le même état religieux que les Chinois, et l'identité de cet état religieux produit des effets identiques, à cette différence près, que plus belliqueux les Japonais sont moins méprisables. Mais leur gouvernement est despotique , leur législation atroce, leur police impitoyable. Les fautes les plus légères sont punies de mort. La torture est perpétuellement employée avec d'exécrables raffinements. Les parents d'un coupable

despotisme n'est pas moins stationnaire, seulement le peuple qu'il dégrade a perdu l'excuse de la conviction. Au lieu d'être l'effet d'une erreur sincère, son esclavage est celui d'une crainte ignoble et d'une lâche servilité. La Chine est, pour ainsi dire, une théo-

sont, comme à la Chine, enveloppés dans sa punition. Le père est frappé avec le fils, le maître répond de l'esclave, le voisin du voisin. Les rues sont des prisons, gardées le jour, et fermées la nuit. Les Japonais n'ont pas fait dans les sciences plus de progrès que les Chinois. L'imprimerie qu'ils possèdent depuis long-temps est dans un état d'imperfection extrême. Tout est stationnaire, et comme atteint d'une mort morale.

Persuadons-nous bien que ce n'est point l'absence de la religion , mais sa présence avec la liberté politique et religieuse qu'il faut invoquer comme la source unique de tous les progrès intellectuels, aussi-bien que de toutes les vertus. Là où le pouvoir des corporations sacerdotales a été détruit par le despotisme, l'espèce humaine n'y a rien gagné. Là où ce pouvoir a été remplacé par une véritable indépendance, et nous allons en avoir la preuve en Grèce, l'homme a pris et conservé son rang dans la hiérarchie intelligente. L'absence du pouvoir sacerdotal a été un bien , parce que la religion lui a survécu; et la religion, bien qu'imparfaite encore, a été le premier des biens, parce qu'aucune main sacrilège ne l'a froissée ou dénaturée.

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