‹ De la religionChapitre 148 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE I. 2Ç;t · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE I. 2Ç;t

rauts qui, avant les prières, répandent l'eau sacrée sur .'es mains des suppliants (i). Aucun prêtre n'intervient dans la purification de l'armée des Grecs (2). Or, si dans cette occasion solennelle, où il s'agissait de mettre un terme aux fureurs d'une contagion terrible, les Grecs eussent employé le ministère de quelque pontife, il en aurait sans doute été fait mention. Après la victoire, l'armée délibère pour savoir

( Pausan. Messen. ) C'est qu'il est dans la nature que le sacerdoce acquière progressivement plus d'aulorité.«Pen- '< dant les âges héroïques, dit Gillies ( Hist. of Greece, « book I, ch. 3, p. 112), les hommes illustres et reli- « gieux se croyaient, dans les occasions importantes, « honorés immédiatement par la présence et les conseils « de leurs protecteurs célestes. L'information secondaire « des prêtres et des oracles était moins généralement re- « connue et respectée. Mais à mesure que la croyance aux « apparitions des dieux, sous des formes humaines, s'af- « faiblit dans l'opinion, l'office de prêtre devint plus « important, et l'on eut plus de confiîince aux oracles.» Cependant, nous ne saurions assez le redire et nous le prouverons surabondamment, le sacerdoce, malgré ces progrès , resta toujours en Grèce dans un état de subalternité et de dépendance.

(t) Iliad. IX, 174.

0) Iliad. I, 3i/i-3i7.

si l'on offrira des sacrifices. L'avis des chefs est partagé. Les uns s'acquittent de ce devoir religieux, d'autres s'en dispensent. Chacun ne consulte que son sentiment et sa volonté.

Les hommes éminents dans le peuple et dans l'armée lisent fréquemment dans l'avenir. Les dieux apparaissent à ces mortels entourés de gloire (i). Chaque individu peut se déclarer, de son autorité propre, en commerce avec le ciel.

Chez les Troyens, que l'auteur de l'Iliade nous dépeint, bien que malgré lui, comme plus civilisés que les Grecs (2), une prêtresse de Minerve, Théano, habité le temple de la déesse, ou du moins en ouvre les portes, lui présente les dons et lui adresse les prières (3).

(i)Iliad. II, 858-86o;XII,2M-a29;XVI, 6o4-6o5; XVII, 208; XVIII, 249-a5o.

(2Woy.surleluxe desTroyens,HERDER,Phil.derHist. III, 142. Le poète a, du reste, commis une erreur, en attribuant aux Troyens la même religion qu'à ses compatriotes. Les peuples de Phrygie professaient un culte très- différent : ils étaient soumis au pouvoir sacerdotal.

(3) Iliad. II, 3oo.

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