CHAPITRE ÏV
De la cause qui, toutes les/bis quelle existe , donne au sacerdoce beaucoup de pouvoir.
Il y a des peuples dont toute l'existence dépend de l'observation des astres : soit que leur position locale les invite ou les force à la navigation ; soit que la nature de leur sol leur impose, comme condition de leur subsistance ou de leur sûreté, l'exactitude des calculs astronomiques.
Il y a d'autres peuples, chez lesquels abondent des phénomènes de toute espèce, qu'il est salutaire de prévoir, ou qu'il est au moins naturel d'observer , avec une curiosité attentive.
D'après la manière dont l'homme agité par le sentiment religieux adresse son adoration à tous les objets qui le frappent, il doit infailliblement , lorsqu'il se trouve dans de
telles circonstances, diriger cette adoration, soit vers les flambeaux du ciel, soit vers les forces inconnues qu'il suppose présider aux phénomènes terrestres.
Encore une fois, ce n'est pas sa reconnaissance pour les uns, ce n'est pas sa terreur des autres qui lui suggère la première idée, le premier besoin d'un culte. Mais cette idée qui le remplit, ce besoin qui le tourmente, le portant à chercher des objets pour ce culte, il prend naturellement et il place en première ligne ceux qui influent le plus sur son existence»
Il y a donc des peuples qui sont entraînés à substituer au culte grossier que nous avons décrit ci-dessus , l'adoration des astres : il y en a d'autres qu'une nécessité non moins impérieuse force à l'adoration des éléments (i).
(i) Nous ne donnons point comme nous appartenant en propre , l'opinion que l'astrolâtrie est l'une des deux formes primitives de la religion. Elle se rapproche du système qui fait de l'astronomie la base de tous les cultes. Seulement, les savants qui ont adopté cette hypothèse nous paraissent avoir commis deux erreurs. Premièrement, ils l'ont appliquée sans distinction à toutes les nations du globe, tandis que plusieurs ont pu suivre une