‹ De la religionChapitre 151 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE I

ses récits, venge presque toujours les organes de ses décrets. Mais les poésies homériques sont postérieures au moins de deux siècles aux âges héroïques de la Grèce, et la disposition du poète en faveur de l'état sacerdotal est l'effet naturel d'une progression que nous décrirons plus tard (i).

On aurait tort de considérer l'existence des familles sacerdotales, nombreuses en Grèce (a), et dont il est fait mention dans

(1) Il résulte de là que tous les faits qui se rapportent à des époques postérieures aux temps homériques, et qui nous conduiraient à attribuer plus ou moins d'influence au sacerdoce, ne sont pas applicables à l'époque de la religion grecque dont nous avons exclusivement à nous occuper.

(2) Il y avait peu de villes en Grèce où l'on ne rencontrât quelque famille sacerdotale. Les Branchides et les Deucalionides habitaient Delphes. ( Hérod. IV. Varron, Divin, reium liber. Scholiaste de Stace, Theb. VIII, 198.) Les Evangélides, descendants adoptifs des Branchides, résidaient à Milet; les Telliades à Gela. (Hérod. VIII, 27; IX, 37.) Ailleurs, les Clytiades et les Jamides. Ceux-ci rapportaient leur origine à -Apollon , dont Jamus, leur fondateur, était fils. Ce Dieu lui avait accordé la faculté d'entendre la voix des dieux, et de lire l'avenir dans les flammes. ( Pind. Olymp. VI, 69-22 r . )

l'Odyssée même (1), comme une preuve du pouvoir des prêtres. Les idées des Grecs sur le don de prophétie paraissent avoir eu quelque analogie avec celles des peuples modernes sur la noblesse. Ils pensaient que cette faveur des dieux se transmettait du père au fils. Calchas descendait d'une famille qui en avait joui depuis trois générations (2). Mopsus de-

C était eu Élide qu'ils s'étaient fixés. « Elis in Pelopouueso familias duas certas habet, Jamidarum unam,alteram Clytidarum. « (CicER.de Div.I, 41. Hérod. IX,32.Philostr. Apollon. V, 25. Cicer. de Divin. I, 41. Pausan. IV, 5;

V, 44; VI, 2 et 17. Apollodore, I, 7. Pindare, Olymp.

VI, 57 et 1 ao-i ai,) Chez les Éléens, deux ou trois familles s'arrogeaient de même, de père en fils, le don de prédire l'avenir et de guérir les maladies. (Hérod. IX, 33. Pausan. III, 11 ; IV, i5j VI, 2. Cicer. de Divin.) Enfin, chez les Athéniens, les Eumolpides, les Céryces et les Étéobutades avaient la surintendance des mystères. (Andocid. de Myst. p. i5. Lysandre, ib. p. i3o. Diodor. 1,29. Thucyd. VIII, 55. iEscHiN. de falsâ Legatione.) Les Lyonides fournissaient les prêtres inférieurs, et les prêtresses étaient soumises à une femme tirée de la race des Phylléides. (Sainte-Croix, des Myst. p. 14&. )

(1) Maron, prêtre d'Apollon, habitait avec sa famille dans un bois consacré à ce Dieu. (Odyss. IX, 197-201. )

(2) Apollon, Rhod. schol. I, 139.

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