LIVRE V, CHAPITRE II
faisant jeter dans les ondes (i). Les Argiens précipitaient des chevaux dans un lac de l'Argolide, en l'honneur des Heures (2); et Titane, adoratrice des vents, fut long-temps célèbre par ses quadruples holocaustes et par des invocations magiques qui remontaient jusqu'à Médée (3). Le culte des Arcadiens nommément était empreint de notions astronomiques (4). Les formes hideuses de quelques di-
(1) Hérodot. VI, 76.
(2) Pau san. Arcad.
(3) Pausan. Corinth. 55. On offrait ces sacrifices dans quatre fosses, consacrées aux quatre vents cardinaux. Comme les anciens rites reviennent toujours dans les temps malheureux, le culte des vents fut momentanément réintroduit à Athènes, lors de l'invasion de la Grèce par Xerxès ; les Athéniens , effrayés de l'arrivée de la flotte perse sur la côte de Magnésie, offrirent des victimes à Borée (Athénée, IV), pour obtenir son assistance; et une tempête ayant dispersé les ennemis, ils bâtirent un temple à ce dieu sur les bords de l'Hisse (Hérodote)., De même les Thuriens, délivrés d'un grand péril, par un orage qui ruina la flotte de Denys le tyran, instituèrent des cérémonies commémoratives de cet événement , et où les vents étaient adorés. (tElien, Var. Hist. XII, 61.)
(/i) Creutzer, IV, 90-91. Les Arcadiens, dit Hermann,
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vinités de temps fort reculés (i) différaient de l'élégance de celles qui embellissaient les temples et que célébraient les poètes de la Grèce (2). Mais en accordant à ces faits épars toute l'autorité qu'il est raisonnable de leur recon-
cultivèrent l'astronomie bien avant toutes les autres tribus de la Grèce; ce qui caractérise leurs fables, c'est qu'après les métamorphoses les plus bizarres , les héros de ces métamorphoses finissent tous par briller au haut des cieux. Il cite à ce sujet les filles d'Atlas changées en colombes avant d'être les Pléiades; Calisto, ourse sur la terre avant d'être la grande Ourse, etc. (Handbuch der Mythol. Mythol. astronom. des Grecs, t. III. p. 'il.)
(1) Quelques divinités grecques de la plus haute antiquité avaient des formes bizarres, des cornes, une queue, de monstrueux phallus. ( Voss. Mythol. Briefe. ) Pausanias (Attic. ) parle d'une statue de Minerve avec des sphinx et des griffons.
(2) Nous aurions pu ajouter quelques autres détails. Par exemple, les Grecs et leurs imitateurs les Romains craignaient, comme les Gaulois et les Perses, de livrer bataille avant la nouvelle lune (Patjs. Attic. Xénopit. Hist. Grecq. ) ; c'était évidemment une superstition astronomico-sacerdotale. Nous voyons les prophétesses qu'Arioviste avait dans son armée lui déclarer qu'il serait vaincu, s'il n'attendait le renouvellement de la lune pour attaquer les Romains. (Ces. de Bello Gallico, I. Dio Cassius, XXXVIII. Clem. Alex. Slrom. ï, i5.)