‹ De la religionChapitre 159 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE II

des Pelages contre des colonies orientales ou méridionales. Cette opinion sera réfutée.

Ce qui est Jiors de toute contestation, c'est que les Titans professaient le culte des éléments et des astres, de la terre et du ciel ( i ), et par conséquent celui qui constitue nécessairement le pouvoir sacerdotal (2). Ce qui est sûr encore, c'est que ces Titans furent chassés de Grèce (3). N'est-il pas très-probable qu'ils for-

(1) Une tradition, rapportée par Diodore (V, 71), et répétée par Fulgence (Mythol, 25), dit qu'avant de livrer bataille aux Titans, Jupiter avait sacrifié au ciel, à la terre et au soleil. Manilius y fait allusion.

Nec prias armavit violenjo fulmine dextram Jupiter, antè Deos qaàm constitit ipse sacerdos. Astron. V. 343-344.

Cette tradition tenait à l'usage constant des Grecs , d'attribuer aux dieux les coutumes des hommes. Comme ils adoraient les Dieux de leurs ennemis pour les désarmer, ils voulurent que Jupiter prît la même précaution avant de combattre} mais la fiction même indique une adoration des astres, ancienne el abolie.

(2) Sainte-Croix, desMyst. p. 10, n et 26. L'opinion de Lévêque ( traduct. de Thucyd. II), de Heyne et de Fréret, est que les Pelages étaient venus de Scythie. Or les Scythes étaient soumis à la puissance sacerdotale.

(3) Le Scholiaste de Lycophron rapporte qu'Ophion

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maient une corporation semblable à celles que. nous avons vues en Egypte, dans l'Inde, dans la Perse et dans les Gaules; et que cette corporation fut vaincue et mise en fuite par des hommes impatients des fers que leurs ancêtres avaient portés?

Peut être les divisions des prêtres entre eux contribuèrent-elles à leur expulsion. Une tradition assez vraisemblable, malgré son obcurité, raconte des combats livrés à Argos entre les prêtres d'Apollon et de Bacchus(i).

et Eurynome , fille de l'Océan , régnèrent avant Saturne et Rhée ; qu'ils furent vaincus à la lutte, Ophion par Saturne, Eurynome par Rhée ; et qu'ensuite Saturne et Rhée, les ayant précipités dans le Tartare , régnèrent à leur place. Prométhée vaincu par Jupiter est, à notre avis, une tradition du même genre : et un ancien monument d'Athènes, à l'entrée d'un temple de Minerve, dans l'Académie, rendait hommage à la priorité de Prométhée, Titan, sur Vulcain, dieu homérique. Prométhée et Vulcain y étaient représentés travaillant ensemble; et Prométhée,comme l'aîné, tenait un scçptre en main. (Schol. in Sophocl. ./Ed. Col. V, 55.)

( i ) M. W. Schlegel , frappé comme nous des vestiges d'une domination sacerdotale en Grèce, avant les temps héroïques, a publié dans les Annales de Heidelberg, en rendant compte de l'histoire romaine de Niebuhr, un

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