‹ De la religionChapitre 160 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE II

Ces combats rappellent les discordes intérieures du sacerdoce de l'Egypte. Or c'est le plus souvent par les dissensions qui se déclarent entre les possesseurs du pouvoir que le pouvoir succombe.

morceau fort intéressant sur le sujet qui nous occupe. « Voici, dit-il, comment nous nous représentons l'événement qui affranchit la Grèce du pouvoir des prêtres. Dans les temps les plus anciens, la Grèce entière leur était soumise. A la caste des prêtres appartenait spécialement le nom de Pelages, et ce nom fut donné au peuple entier, d'après la classe dominatrice. Plus tard , la caste des guerriers se souleva contre celle qui régnait au nom des dieux. L'Iliade porte de fortes empreintes de cette lutte : la dispute d'Agamemnon avec Chrysès et Calchas en est un indice. Mais les Grecs, ou, pour mieux dire, l'ordre privilégié des guerriers , s'étant soustraits toujours davantage à la législation des prêtres, et ayant introduit de nouvelles constitutions et de nouvelles mœurs, les Pelages proprement dits, c'est-à-dire les prêtres, ou renoncèrent à leurs fonctions héréditaires et se fondirent dans la nation, ou s'en séparèrent pour émigrer. C'est des races sacerdotales que descendaient les restes de Pelages encore épars du temps d'Hérodote et de Thucydide. Hérodote dit qu'à juger des Pelages par ceux de son siècle, leurs ancêtres parlaieut une langue barbare. Or, tout ce que les Grecs ne comprenaient pas sans interprètes, leur paraissait, non pas un dialecte différent du leur, mais une langue étrangère, et toute langue étrangère était

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Si l'on réfléchit que partout où les Titans pénétrèrent après leur défaite, ils établirent des mystères, des corporations de prêtres, et tous les usages qui caractérisent les peuples soumis à l'empire sacerdotal; si l'on considère qu'en Étrurie, par exemple, où il est démontré que les dogmes et les cérémonies de la religion furent apportés par une colonie de Pelages (i) , il y eut des collèges de pontifes, re-

barbare pour eux. Les Pelages de Thrace, de Lemnos, et de l'Hellespont, refoulés sur eux-mêmes, et ne prenant aucune part aux révolutions qui changèrent la face de la Grèce et sa littérature poétique, avaient naturellement conservé leur ancien idiome. D'après cette hypothèse, continue M. Schlegel, nous diviserions l'histoire grecque en trois époques : temps pélasgiques, domination des prêtres , et victoire des guerriers, quelques générations avant la guerre de Troie; temps héroïques, puis destruction de la caste guerrière et abolition de la royauté; temps républicains. Nous connaissons la troisième époque historiquement , la seconde mythologiquement ; nous ignorons complètement la première , sauf quelques traditions éparses, et d'autant plus insuffisantes, que les poètes y ont placé toutes les généalogies mythologiques de la seconde époque, et ont en conséquence faussé la première. » (Annales de Heidelberg, 9e volume, p. 846 et suiv. )

(1) Beaucoup de superstitions au-dessus desquelles

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