LIVRE V, CHAPITRE II. 3lÇ
vêtus d'une autorité sans bornes, tandis qu'aucun pouvoir pareil ne s'offre à nos regards chez les Grecs descendants des Pelages restés dans la Grèce (i), l'existence d'une ^première religion sacerdotale dans cette contrée, et sa destruction avant les temps homéri-
les Grecs s'élaient élevés depuis le départ des Pelages qui éroigrèrent, furent portées par ceux-ci en Étrurie. La divination, les augures, les extispices, les aruspices, la recherche des présages dans les événements les plus ordinaires, ne sont pas sans doute entièrement étrangers aux habitudes grecques ; mais ces choses sont bien moins enracinées et tiennent une place bien moins considérable en Grèce que chez les Étrusques, ou les Romains, héritiers de la discipline étrusque. Ceux-ci les conservèrent toujours dans toute leur intégrité, dans toute leur autorité primitive, et telles qu'elles n'étaient observées en Grèce que dans quelques villes, comme Delphes, Olympie, etc. consacrées à la religion, et fidèles, en cette qualité, aux cérémonies et aux traditions antiques. Sophocle et Thucydide disent que les noms de Pelages et d'Étrusques désignent le même peuple. Alexandre de Pleuron (Schol. Cod. Ven. ad. Iliad. XVI, a33 et suiv.) prétend que les Elles ou Selles de l'oracle de Dodone descendaient des Étrusques. Nous pensons qu'il faut renverser l'hypothèse; mais elle prouve la ressemblance.
(1) Heyne, de Etruscis Coin. Soc. Goett.
ques, acquièrent de grandes probabilités.
Cette hypothèse expliquerait cet affranchis* sèment du pouvoir des prêtres, dont les Grecs nous offrent un exemple unique. Car nous prouverons plus loin que la liberté dont les Scandinaves jouirent quelque temps sous ce rapport ne fut point durable.
La même hypothèse expliquerait encore la disproportion qui sépare la langue d'Homère de l'e'tat social dont l'Iliade nous offre le tableau. On s'étonnerait moins de voir un idiome qu'on peut regarder comme le chef-d'œuvre de la civilisation, employé à peindre des mœurs encore à demi barbares. On remonterait à l'origine de ces portions bizarres de mythologie , qui contrastent avec la mythologie habituelle des premiers poètes grecs, et dans lesquelles on ne peut méconnaître une analogie frappante avec les dogmes et les fables de tous les pays où le sacerdoce a régné. Ces portions éparses paraîtraient alors des fragments d'un ensemble détruit, fragments sans liaison , conservés par des hommes qui auraient survécu à cet ensemble. Des singularités qui nous frappent dans quelques instituts sacerdotaux