‹ De la religionChapitre 166 sur 248 · LIVRE V, C HAPITftE III. fan · texte numérisé non relu

LIVRE V, C HAPITftE III. fan

surnom de Jupiter (i). Il est probable qu'elle était primitivement un objet d'adoration, et que les hommages qu'on lui rendait s'étant conservés, après que la religion se fut modifiée, l'on inventa une fable pour les motiver. Souvent les fables qu'on présente comme la source des cérémonies n'en sont qUe les conséquences. Les Orchoméniens nourrissaient un profond respect pour des pierres tombées du ciel et ramassées, disaient-ils, par Etéocle (2). Mais il y- a dans Pausanias deux passages encore plus frappants.

« A Phares, ville d'Achaïe , dit-il (3), près de « la statue de Mercure Agoréen, des pierres « carrées, au nombre de trente, sont adorées « par les habitants , sous le nom de quelque « divinité, ce qui est conforme à l'ancienne « religion des Grecs. La statue de Cupidon, à « Thespis, » raconte-t-il ailleurs, « est, comme « dans les premiers temps, une pierre informe, « qui n'a jamais été mise en œuvre (4)- »

(1) Pausan. Lacoti. 11.

(2) Paus. Bœot. 1 8.

(de) Achaïc.

(4) Bœotic. af>. Dans le temple de Delphes, dont les

Nous trouvons à Phliunte, dans le Péloponèse, le culte des animaux. Au milieu de la place publique s'élevait le simulacre divin d'une chèvre (i). A Thèbes, les belettes avaient obtenu les honneurs célestes (2) ; et suivant une ancienne tradition, la citadelle d'Athènes avait un serpent pour dieu protecteur. Cette tradition existait encore , lors de la guerre des Perses; car la prétendue disparition du serpent fut un des moyens de Thémistocle pour décider les Athéniens à quitter leur ville et à s'embarquer (3).

prêtres conservaient avec soin les usages et les traditions anciennes, il y avait une pierre sacrée, à laquelle ils attachaient une grande importance religieuse. Les Phénéates, peuples d'Arcadie, avaient, près du temple de Cérès, deux pierres qu'ils prenaient à témoin de leurs serments. ( Arcad. i5. ) Le Bacchus cadméen était un tronc d'arbre enchâssé dans du bronze. ( Bœot. 12. OEnomaus ap. Euseb. Prsep. ev. V, 36.)

(i)Pausan. Corinth. i3. Plus tard on a voulu allégoriser ce culte, en disant que la constellation de la chèvre nuit aux vignes. Creutz. III, 26g.

(2) jElian. de Natur. Anim. XII, 5.

(3) Hérodot. VIII, /,'• Une ï°i de Rhadamante, dit Ruhnken, dans ses Scholies sur Platon, permettait aux

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