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LIVRE V, CHAPITRE U

Plus d'un auteur affirme qu'ils se dépouillaient de leur virilité, et nous verrons que cette mutilation était en usage dans la plu-

la mythologie homérique (Iliad. V, 370), était adorée à Dodone, comme épouse de Jupiter. La même tradition régnait en Thessalie (Diod. V, 73) ; et nous apprenons, par un passage de Démosthène ( contra Mid.), qu'on sacrifiait, à Dodone, un taureau à Jupiter et une vache à Dioné. Notez que Dioné, dans la cosmogonie phénicienne, était une fille dTJranus (le Ciel) et la femme du Temps (Saicchow. apud. Euseb. Praep. evang. I, 10 ) ; et dans Apollodore (I, 11 ), une des titanides s'appelle Dionide. D'autres traditions indiquent encore que les prêtres de Dodone adoraient un dieu de l'eau, un Jupiter plu vins , expliqué dans la doctrine sacerdotale comme le premier principe créant ou fécondant le monde , ce qui n'est qu'une interprétation scientifique du culte des éléments. Un oracle de Dodone ordonnait des sacrifices au fleuve AchéIovis,et plusieurs peuples soumis aux prêtres précipitaient des victimes dans les fleuves. Les colombes de Dodone avaient pu être des animaux sacrés dans la région ancienne, et après la destruction de cette religion, devenir les fétiches des Grecs retombés dans l'état sauvage. C'est ce qui serait certainement arrivé aux animaux sacrés de l'Egypte, si le régime sacerdotal y eût été détruit. Les bassins de cuivre , dont le son se communiquait de l'un à l'autre quand un seul était frappé, pouvaient, dans la doctrine des prêtres, avoir été l'expression du dogme de la métempsycose. (Creutzer, IV, i83.)

part des religions dominées par les prêtres. Ils étaient astreints à des abstinences rigoureuses, et à des règles sévères; nouvelle conformité avec les coutumes des peuples sacerdotaux, et nouvelle différence entre les Selles (i) et le sacerdoce postérieur des Grecs. Car celui-ci , ne formant point un corps , n'était , dans les temps homériques , soumis à aucune règle fixe. Hérodote (2) nous dit qu'ils traitaient avec un mépris profond l'anthropomorphisme populaire , et nommaient les généalogies des dieux, des fables inventées d'hier. C'est qu'au milieu de leur ignorance présente , le passé leur léguait des traditions en contradiction avec les dogmes nouveaux de la Grèce. Car nous ne pensons point que, pour expliquer cette opposition de doctrines ( si cette expression peut être employée lorsqu'il s'agit, d'une part, de notions grossières, et, de l'autre, de souvenirs défigurés), il soit nécessaire de rapporter l'origine des prêtres de Dodone aux colonies égyptiennes (3). Ils en

(i) Nom particulier des prêtres de Dodone.

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