‹ De la religionChapitre 171 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE III

auraient agi de même, quand ils n'auraient été que les descendants de prêtres indigènes.

Membres épars d'une caste dispersée, ils devaient s'affilier volontiers à toute institution qui leur rappelait leur ancienne puissance. Partout où le sacerdoce rencontre des privilèges, des dogmes ou des usages sacerdotaux, il se reconnaît dans ses oeuvres. Il existe une confraternité naturelle entre tous les sacerdoces. Les rivalités la suspendent, mais ne la brisent pas. Voyez dans l'Iliade le devin grec embrasser la cause d'un prêtre étranger. Le sacerdoce n'a de patrie que l'ordre sacerdotal.

Quoi qu'il en soit au reste de ces différentes hypothèses, soit que ces prêtres de Dodone fussent de simples jongleurs, produit du fétichisme; soit qu'ils fussent un reste défiguré de quelque corporation sacerdotale détruite ;

Selles descendaient des Pelages (Heeren, II, 45o,-45a, et III, 1 10 ), les prêtres de cette forêt faisaient remonter l'établissement de leur oracle à l'Egypte; mais M. Heeren l'Ideen,II, 462) indique et développe avec beaucoup de pénétration l'intérêt qu'ils avaient à s'attribuer une origine égyptienne. Nous avons emprunté quelques-uns de ses raisonnements.

soit enfin que leur origine fût étrangère à la Grèce; il est certain qu'ils demeurèrent, pendant toute l'époque des temps héroïques, dans un état de dégradation et d'obscurité, qui rendit leur influence complètement nulle.

Ce ne fut point à eux que la Grèce dut son retour à la civilisation; et même lorsqu'elle fut entrée dans cette route, ils persistèrent, autant qu'il fut en eux, à ne pas l'y suivre. Son retour à des mœurs plus douces fut l'ouvrage des colonies phéniciennes ou égyptiennes qui débarquèrent sur ses côtes, environ trois siècles avant la guerre de Troie. Mais ici nous rencontrons de nouveaux problèmes à éclaircir et de nouvelles erreurs à réfuter.

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