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transactions mêmes qu'ils proposèrent ou qu'ils admirent eurent pour but et pour résultat de préserver l'opinion des peuples de la contagion d'un fanatisme étranger (i)<
Cependant, on a supposé que les colonies, quelle que fût leur origine, étaient arrivées en Grèce animées à la fois d'un zèle fervent et d'une ardeur belliqueuse; qu'elles avaient soutenu contre les premiers Grecs des guerres de religion; et que, restées victorieuses, elles avaient, par une suite de leurs victoires, changé la croyance de la contrée subjuguée.
Cette supposition est détruite par un seul fait, que personne ne peut contester. La religion établie par la prétendue victoire des étrangers sur les Pelages, n'est presque en au-
qui pénètre l'ensemble, et de l'identité de la vie et de la mort. (Ed. allem. I, 210.) Quel dommage en effet que la philosophie thrace n'ait jias prévalu en Grèce ! nous aurions eu, en l'honneur du symbole, un panthéisme mêlé d'athéisme; pour rites, des bacchanales, des mutilations et des orgies.
(1) Voy. l'ouvrage de Clavier, Hist. des premiers temps de la Grèce. Voy. aussi , dans notre ch. V, ce que nous disons sur le culte de Bacchus.
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cuti point la même que celle du pays d'où ces étrangers sortaient. Or, l'on ne concevrait pas comment ces étrangers, assez attachés à leur religion pour faire une guerre à mort aux Pelages qui refusaient de l'admettre, l'auraient cependant abandonnée d'eux-mêmes, pour en embrasser une tout -à -fait nouvelle. On ne concevrait pas mieux d'où serait Venue cette religion nouvelle, qui n'était ni celle de la patrie originaire de ces étrangers , ni celle du peuple où ils pénétraient. Il faudrait supposer qu'ils se seraient composé, tout -à* coup et spontanément, uiie religion différente des detix religions anciennes. Cette supposition répugné à tout ce que la réflexion nous apprend sur la marche de l'espèce humaine, comme à tout ce que l'histoire confirme.
Lorsqu'un peuple conquérant réussit à faire adopter sa croyance par le peuplé vaincu, la croyance qu'il imposeçst précisément la même que celle qu'il professait dans son pays, au moins durant lés premiers moments de son adoption. Elle ne se modifie par le changement des lieux que dans la suite; Mais comment expliquer que des colonies , sortant de
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la Thrace (i ) ou de l'Egypte, arrivent en Grèce, qu'elles fassent la guerre aux habitants de cette contrée pour y établir leur culte } qu'après plusieurs combats acharnés, elles triomphent , et qu'il en résulte un culte tout autre que celui d'Egypte ou de Thrace?
Rien ne s'accorde moins avec l'esprit des peuples sauvages que l'intolérance propre à faire naître ou à entretenir des guerres de religion. Les partisans de cette hypothèse auraient dû le sentir, puisqu'ils comparent les prêtres de ce qu'ils appellent l'ancien culte avec les jongleurs américains de nos jours (a). Il n'y a dans le caractère de ces jongleurs aucune trace d'intolérance. Etixet leurs disciples écoutent avec curiosité et sans nul courroux ce que les Européens leur disent de la religion chrétienne.
(i) Nos lecteurs auront remarqué déjà que la différence de religion, de mœurs et de coutumes nous a engagés à parler de la Thrace comme d'une contrée tout -à-fait à part de la Grèce, en dépit du voisinage, qui a porté beaucoup d'écrivains à les confondre.
(2) Voy. le ch. précédent, où nous rappelons l'opinion de M. de Sainte-Croix dans son ouvrage sur les Mystères.
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Je ne sais dans quelles chroniques secrètes, dans quels mémoires contemporains, certains savants ont puisé leurs renseignements sur des temps que nous ne connaissons que par les ouvrages de quelques auteurs qui étaient séparés de ces temps par plus de vingt siècles (i). Ils nous parlent des cyclopes, des corybantes et des curetés , comme s'ils eussent vécu dans leur société intime. Ils savent toutes les particularités de la vie de Prométhée, qui, disent-ils, était un homme fort éclairé, digne de vivre dans un siècle moins barbare, et qui voulant concilier les deux partis, et passant, dans ce but, souvent de l'un à l'autre, fut la victime de son zèle, et se vit déchiré par des calomnies dont sa mémoire souffre encore injustement de nos jours (2). En un mot, ils e'crivent l'histoire de ces époques reculées comme on raconterait les intrigues de la cour de Louis XIV ou de Louis XV.
(1) M. de Sainte-Croix, dans son ouvrage sur les Mystères, cite Ovide comme autorité, relativement aux corybantes, p. 57.
(a) M. de Saintk-Croix.