LIVRE V, CHAPITRE V. fyS
toire d'un guerrier queMinervea secouru ( i ) : la déesse monte sur un char, s'arme d'une lance, se couvre d'un bouclier: toutes ces images sont purement grecques. Pour achever de la rendre indigène, on transporte sa naissance en Arcadie (a). Enfin l'olivier est son arbre favori. La voilà complètement athénienne (3\ Ainsi tous les vestiges de son origine étrangère disparaissent. Rien de plus différent de la Neith égyptienne que la Minerve de l'Iliade ; et nul ne reconnaîtrait dans la protectrice de Diomède et d'Ulysse, l'une des forces ténébreuses qu'avaient personnifiées les prêtres de Tyr (4).
Les colonies égyptiennes (5) qui avaient ap-
(ï) Hom. Iliad. V, 7^8. Hésiod. Boucl. d'Herc. 223.
(2) Dans la ville d'Aliphera. Hérod. I, 66.
(3) En Egypte, où l'olivier est rare, Minerve n'aurait pu être considérée comme ayant fait présent de cet arbre à la contrée qui était sous sa protection. Hérod. II, 3g.
(4) Cependant des traditions surnagent : les Grecs admettaient quelquefois une Minerve étrangère. Apollodore(III, 1, 2, 3, éd. Heyne) dit que la Pallas libyenne défendait la ville de Troie, que la Minerve grecque attaquait.
(5) Nous ne prétendons point, en nous exprimant
porté d'Egypte en Grèce le culte d'Apollon avaient dû y introduire des fables reçues et des rites pratiqués dans leur patrie. Nous trouvons donc consacré au soleil à Lycopolis, et au soleil à Delphes, le même animal, le loup, qui par sa marche oblique figurait le cours oblique de l'astre du jour (i). Cet emblème transporte dans les traditions grecques les
ainsi , dire que le culte d'Apollon eût pris naissance en Egypte, mais seulement que c'est de là qu'il pénétra chez les Grecs. Du reste, ses rapports avec la mythologie indienne sont incontestables. L'identité d'Apollon avec Crischnase retrouve partout. Tous deux sont inventeurs de la flûte. (As. Res. VIII, 65.) Oischna est trompé par la nymphe Tulasi, comme Apollon par Daphné. Les deux nymphes sont changées en arbres, et le tulasi est consacré à Oischna comme le laurier à Apollon. (Ib. ib. ) La victoire de Crischna sur le serpent Caliya-naga, aux bords du Yamuna , rappelle celle d'Apollon sur le serpent Python , et il est remarquable que les serpents vaincus partageaient les hommages rendus aux vainqueurs. (Clem. Alex. Paterson , As. Res. VIII, 64-65.) (i) A côté des statues, et près des autels de l'Apollon sminthien de la Troade (jElien , H. N. XII, 5 ) ou de la Crète (Schol. ap. Iliad. I, 39), on voyait une souris. C'était encore une imitation de la coutume des Égyptiens qui plaçaient près des dieux les animaux qui leur étaient consacrés. La souris était en Egypte l'un des