LIVRE V, CHAPITRE V. 3o
fables relatives aux combats d'Osiris. Ce dieu, sous la figure d'un loup, vient secourir son fils Orus (i) ; et Latone , quittant les contrées hyperboréennes pour se réfugier à Délos, avait, dit-on, revêtu la même forme (2). On ne
symboles de la nuit primitive. Aux pieds d'Apollon elle signifiait la victoire du jour sur la nuit, et plus tard on y vit une allusion à la faculté prophétique de ce dieu, qui lisait dans l'avenir, malgré les ténèbres qui l'entourent.
(1) Pausan. Corinth. 10. Diod.I, 88. Synes. deProvid. I, 1 15. Eusèb. I, 5o.
(a) Abistot. Hist. anim. VI, 35. ^Elian. Hist. anim. IV, 4- L'île de Délos, sur le sol mouvant de laquelle l'amante de Jupiter, persécutée par Junon, avait déposé son précieux fardeau ( Pindar. Fragm. ap. Strab. X. Schol. Odyss. III), était imitée de l'île de Chemnis que les Égyptiens disaient flottante (HÉRonoT. II, i56 ), et qui avait reçu Isis lorsqu'elle cherchait à soustraire son fils aux poursuites de Typhon. Cette fable est postérieure à l'Iliade, dont l'auteur fait naître Apollon, non pas à Délos, mais en Lycie (Iliad. XV, 5 1 4 ) ; ce qui, pour le dire en passant, est une preuve du peu d'authenticité de l'hymne homérique à Apollon , hymne composé d'ailleurs de deux poëmes d'époques différentes : le premier adressé à l'Apollon délien, et le deuxième, qui commence au 1^8* vers, contenant les éloges de l'Apollon vainqueur de Python. On prétend aussi que Latone était elle-même une divinité égyptienne , nommée Léto ou Lato. Elle avait à Latopolis un oracle
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peut méconnaître dans les daphnéphories (i) que les Thébains célébraient tous les neuf ans, en l'honneur d'Apollon isménien, une fête astronomique. Elle prenait son nom du laurier que portaient les plus beaux adolescents de la ville. Il était entouré de fleurs et de branches d'olivier. A un olivier, décoré à son tour de branches de laurier et de fleurs entrelacées, et recouvert d'un voile de pourpre, étaient suspendus des globes de diverses grandeurs , figurant le soleil et les planètes , et ornés de guirlandes, dont le nombre était un symbole de l'année. Sur l'autel même brûlait une flamme dont l'agitation , la couleur et le pétillement révélaient l'avenir ; espèce de divination particulière au sacerdoce, comme nous l'avons observé, et qui était aussi en vigueur à Olympie, la seconde ville du pays sacré, et le centre, à ce titre, de beaucoup
très-fréquenté, et à Butis un superbe temple, décrit par Hérodote. Mais elle n'était en Egypte que la nourrice des enfants dont en Grèce elle était la mère. Dans la mythologie astronomique, Latone devint l'étoile du soir.
(i) Voy. sur les daphnéphorics, Creutzer, II, 149i5o.