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LIVRE V, Cil API TU F. V. 3gfl

que deux fois dans Homère (i). Il n'a point

la fiction d'Hélios que la beauté des formes, inséparable de la poésie chez un peuple qui répugnait à la teinte sombre et aux créations bizarres des tableaux cosmogoniques. Cependant le lit ailé nous paraît une déviation de cette pureté de goût qui caractérise les productions de la Grèce; et nous y reconnaissons, comme dans les trépieds ambulants qui servent Vulcain ( Iliad. 373), le genre fantastique de l'Orient. Le septième hymne orphique porte cette déviation bien plus loin : Hélios y a quatre pieds, en allusion aux quatre saisons de l'année. Hélios quadrupède chante sur sa flûte l'harmonie des sphères. Cet hymne est de plus rempli de l'accumulationsd'épithètes qui caractérisent aussi les hymnes sacerdotaux.

Séléné, de son côté, est strictement réduite aux attributs de la lune. Dans le trentième hymne orphique, elle a des ailes. Une clarté céleste entoure la tête de Séléné aux ailes étendues; elle répand sur la terre une douce lueur. Des rayons s'échappent de son diadème d"or, et dissipent l'obscurité de la nuit. Quand, après avoir fourni sa carrière, elle sort de s'être baignée dans l'Océan, entourée d'un vêtement de lumière, elle excite ses coursiers aux crins superbes, traversant le ciel dans toute sa splendeur, et accordant aux mortels des signes prophétiques. Jupiter l'aima jadis, et le fruit de ses amours fut Essa, la rosée. (Fragm. d'Alcm. dans Plut. Sympos. Voy. aussi Macr. Saturn. VII. ) Le septième hymne orphique joint aux épilhètes innombrables données à Diane, celles d'hermaphrodite et de malfaisante, qui portent une empreinte sacerdotale non méconnaissable.

(i) Comme père de Circé (Odyss. ), et comme ré-

de prêtres, point de culte : aucune fête solennelle ne se célèbre en son honneur. Alors, dégagé de toute signification abstraite, Apollon paraît dans l'Olympe , assiste aux festins célestes, intervient dans les querelles de la terre, est le dieu tutélaire des Troyens, le protecteur de Paris et d'Enée, l'esclave d'Admète, l'amant d'Hyacinthe et de Daphné. Il est si vrai que le génie des Grecs était l'auteur de tous ces changements dans le caractère des divinités, que nous voyons Apollon conserver dans les mystères où les traditions sacerdo-

vélant à Vulcain l'infidélité de Vénus. La filiation d'Hélios et de Séléné , enfants du Titan Hypérion , n'indiquerait-elle pas que les Grecs, dans leurs souvenirs, rattachaient aux Titans, c'est-à-dire à un ancien culte sacerdotal, ces divinités astronomiques? S'il était vrai que le nom d'Hellas et d'Hellène eût été la dénomination primitive de la Grèce, et que les prêtres de Dodone eussent été nommés Selles ou Helles, à cause de leur antique adoration du soleil, le dieu Hélios, adoré indépendamment et à côté d'Apollon, ne serait pas un dieu nouveau, mais un retour des Grecs, après la formation de leur polythéisme homérique, à des notions et à des appellations qui appartenaient au culte antérieur. On peut à ce sujet consulter Creutzer, ire éd. allem. IV, 167-189.

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