LIVRE V, CHAPITRE V. l
taies étaient déposées, les attributs astronomiques dont le culte public l'avait dépouillé; et, plus tard, les nouveaux platoniciens cherchèrent à lui rendre les mêmes attributs , lorsqu'ils voulurent faire du polythéisme un système allégorique de science et de philosophie religieuse (i). Mais dans la religion populaire, au lieu d'être le dieu qui féconde et multiplie, c'est un simple berger qui conduit des troupeaux. Au lieu de mourir et de ressusciter, il est toujours jeune. Au lieu de brûler les mortels de ses rayons dévorants, il lance des flèches redoutables tirées de son carquois d'or. Au lieu d'annoncer l'avenir, dans la langue mystérieuse des planètes, il prophétise en son propre nom. Il ne dirige plus l'harmonie des sphères, au son de sa lyre mystique : il a une lyre imparfaite , inventée par Mercure, et qu'il perfectionne. Il ne conduit plus les danses des astres , mais
(i)Nous pourrions en dire autant de la fonction de présider à la médecine, d'abord attribuée à Apollon, puis à Esculape. (Voss. Mylholog. Briefe. Cbeutzer, II, «540
il marche à la tête des neuf muses, dont chacune préside à l'un des beaux-arts (i).
Diane ne subit pas une révolution moins remarquable. ADélos, elle est manifestement
(i) Dans la doctrine orphique, les muses n'étaient primitivement que les sept cordes de la lyre d'Apollon. Elles devinrent en Grèce les neuf muses, et n'arrivèrent à ce nombre que graduellement. (Arnob. Adv. Gent. lib. III. Tzetzes, in Hesiod. Op. et Dies, V, i.) L'école orphique était originaire de Tbrace, où se trouvaient le mont Piéron et la ville de Pimpléa. Les Grecs firent les muses filles de Piéros et de la nymphe Pimpléide; et , afin de les mieux naturaliser, ils leur assignèrent pour demeure le pied du Parnasse auprès de Delphes, où Apollon Musagète fut leur conducteur.
Elles avaient présidé , ainsi que les Grâces et les Heures, aux astres et aux saisons. Les Grecs leur ôtèrent ces fonctions pour ne leur laisser que des attributions poétiques. (Huo. Rech. sur les fables des peu pi. anciens, p. 241 et suivant. ) On voit encore, sur une pierre gravée, les Grâces dansant nues sur la tête du taureau céleste, et deux d'entre elles se tournent vers sept étoiles qu'elles moutrent de la main. (Borioni, Collect. antiq. roman, fol. 1736, n° 82. Passeri, Thesaur. Gemm. Astrifer. I, tab. cxliv. ) C'est une allusion à leur ancienne relation avec l'astronomie.
Plus tard, quand la morale s'introduisit dans la religion, les Grâces, qui ne présidaient qu'à la beauté, prirent des attributions morales. L'une fut la manière