‹ De la religionChapitre 205 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE V

est différente dans la mythologie grecque ! et néanmoins, en l'examinant de près, nous

1 ecrevisse est assez connue. Ce dernier animal indique peut-être de plus quelque relation entre la Diane d'Éphèse et la Dercéto syrienne, divinité maritime. ( Voy. dans ce chap. même l'endroit où nous rappelons que Caistre, père du fondateur du temple d'Éphèse, avait été l'amant de de Dercéto et avait donné le jour à Sémiramis.) La longévité attribuée au cerf le rendait le symbole de l'éternité. (Spanh. ad Callim. Dian. p. a5i.) L'abeille était l'emblème de la civilisation, celui de l'état social et de l'adoucissement des mœurs. Elle rappelait la race plus pure qui avait précédé les générations actuelles. Son bourdonnement sourd et continu représentait le langage secret dont la divinité daigne se servir pour se faire entendre de ses favoris. Un savant observe que ce sens mystérieux ne s'est pas perdu dans les révolutions des croyances. Après avoir traversé les mystères d'Eleusis, il s'est reproduit dans le moyen âge, et l'on a trouvé des abeilles dans la sépulture des monarques francs. (Creutzer, I, 375-377.) Les griffons nous reportent vers la Perse, les sphinx vers l'Egypte. On ne peut méconnaître à tous ces traits la réunion de toutes les divinités, et les prêtres d'Éphèse l'adoraient comme telle. Elle était pour eux tantôt la Nuit, premier principe de tout ; tantôt Isis ou la Nature, variée, multiforme , hermaphrodite , contenant tous les êtres, les faisant sortir de son sein et les y rappelant. L'inscription mise par les sculpteurs à ses statues le démontre :

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trouverons que nul de ses attributs ne disparaît complètement. Si elle est la déesse de la chasse, c'est qu'Isis, suivie de ses chiens fidèles et d'Anubis à tête de chien , avait cherché le corps de son époux (i) , et les compagnons d'Isis devinrent la meute de Diane. Si i du haut des cieux, elle dirige le globe argenté qui dissipe l'obscurité de la nuit, et si le croissant décore sa tète, c'est qu'Isis est la lune, et que le croissant appartient à la parure de la déesse d'Éphèse. Si elle est la cause des infirmités des femmes , si elle les frappe de délire, quelquefois de mort (2^; si de la sorte elle immole les enfants de Niobé, c'est qu'elle se souvient d'avoir étélaTithrambo de l'Egypte , c'est-à-dire la lune considérée dans son influence malfaisante (3). Mais telle est encore la répugnance des Grecs à transporter dans la religion ce qui tient à la

(i)Pldtarch. de Isid.

(2)Magrob. Satura. I, 17.

(3) Crectz. II, i58. Par la même raisott, Diane devint Hécate, tuée par Hercule, et ressuscitée par Phorcys. {Id. IV, 121-123.)

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