‹ De la religionChapitre 206 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE V

science, que de même qu'ils avaient séparé Apollon du soleil, ils séparent Diane de la lune(i), et la rendent ainsi plus libre, plus individuelle, plus indépendante. Vierge, elle défie le pouvoir de l'Amour : elle punit avec rigueur les faiblesses de ses nymphes. Cette notion de virginité, on l'a vu dans le culte des sauvages même (2), est une idée naturelle à l'homme , mais que le sacerdoce enregistre et prolonge. Pour les Grecs, que le sacerdoce ne domine pas, cette attribution n'est qu'un objet secondaire, l'effet du caprice ou de la pudeur d'une jeune fille, et les poètes révoquent en doute tantôt sa réalité, tantôt sa durée. Toute vierge qu'elle est , Diane préside aux accouchements , combinaison qui retrace la réunion du pouvoir qui crée et du pouvoir qui détruit (3). On voit combien les

(1) Voy. l'article Séléné dans la note 4> p- ^97.

(a) Voy. Ier vol., cb. II et VII, p. a53-259 , 349-353.

(3) L'association d'idées grâce, à laquelle les Grecs appellent quelquefois Vénus l'une des Parques, tient à cette combinaison des notions de la vie et de la mort. L'étymologie du nom de Proserpine est ramenée par les

vestiges des notions sacerdotales qui survivent à cette métamorphose sont incohérents, et combien en même temps ils sont accessoires. Ils ne tiennent presque en rien à l'idée fondamentale. L'Hertha de la Scythie, la Bendis de la Thrace (i), l'Isis de l'Egypte, la Diane d'Éphèse enfin, cette momie immobile, énigmatique, enchaînée, ne sont plus qu'une jeune et légère chasseresse, qui, dans sa course rapide comme les vents , poursuit, sur le sommet des montagnes, les timides habitants des bois.

On se rappelle ce qu'était Hermès dans la religion égyptienne (2). Mais l'Hermès grec,

grammairiens à cette double notion. On dit à Proserpine (Hymn. Orph. XXI, 1 5) : « Tu es à la fois la mort et la vie, tu produis tout et tu détruis tout. »

(1) Palaeph. ch. 23.

(2) Nous devons expliquer, au sujet de l'Hermès grec, une erreur apparente, que le traducteur allemand du premier volume de cet ouvi'age a fort bien relevée. « L'auteur me pardonnera,» dit-il dans une note, p. a25, «si son affirmation que Mercure ou Hermès n'était « pas en Grèce, du temps d'Homère, le conducteur des « âmes, et que cette fonction ne lui fut probablement « assignée qu'après l'introduction des fables égyptiennes,

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