LIVRE V, CHAPITRE V. /| I I
Grecs enlèvent à cette dernière attribution toute sa gravité. Mercure, par une analogie grotesque à cette fonction, devient le dieu de la fraude et du mensonge (i). Était-ce une réaction de l'esprit grec contre les prétentions du sacerdoce, en réminiscence de ce qu'était l'Hermès égyptien? Et remarquez comment, si tous les attributs sacerdotaux s'effacent de la croyance vulgaire, ils reparaissent dans la portion mystique que les hymnes, soit orphiques soit homériques, nous ont conservée. L'Hermès de ces hymnes n'a presque rien de commun avec celui de l'Iliade ou même de lîOdyssée. Il rappelle tantôt les qualités de l'Hermès égyptien, tantôt les légendes des
(i) Dupuis, dans un essai manuscrit dont nous avons obtenu communication, assigne à cette attribution de Mercure une origine bien recherchée. Ce dieu était confondu quelquefois, dit-il, avec la constellation appelée v Prométhée : l'apparition de cette constellation n'a lieu qu'afu crépuscule; sa petitesse, qui la dérobe souvent à la vue, de manière à ce qu'on ne l'aperçoit que difficilement, donna lieu à dire que Mercure était le patron de ceux qui s'échappent à la faveur de l'obscurité, et qui ne se montrent qu'à rentrée ou à la fin de la nuit, heure propice aux voleurs.
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avatars de l'Inde. Né le matin , de l'union de Jupiter avec Maïa , dont le nom nous ramène à la Maïa indienne, Hermès s'échappe des bras de sa mère quatre heures après sa naissance, trouve sur le gazon une tortue, s'en fait une lyre, chante les amours dont il est le fruit, et les nymphes de la grotte maternelle : le voilà l'inventeur de la musique. Il dérobe ensuite les troupeaux d'Apollon, les pousse à reculons dans une caverne, tue cinquante bœufs, les fait rôtir devant un brasier qu'il allume : le voilà l'inventeur du feu. Il offre aux dieux un sacrifice, c'est-à-dire qu'il régularise comme Thot-Hermès les pompes religieuses. Il mange de la chair de ses victimes, couvre la flamme qu'il a allumée, et retourne dans sa grotte; Elastique comme un nuage, il y pénètre par la serrure, et se blottit dans son berceau: rien de plus semblable aux espiègleries enfantines de Crishna. Sa mère le gronde; il lui reproche de ne voir en lui qu'un enfant, et déclare que nul ne distingue mieux le bien d'avec le mal : n'est-ce pas Crishna qui, réprimandé par sa nourrice, se contente d'ouvrir la bouche , où elle contemple avec surprise les mondes réunis dans tout leur éclat ?