LIVRE V, CHAPITRE V
soleil au renouvellement de l'année (i). C'est à lui que Jupiter Ammon se fit voir enveloppé de la peau d'un bélier et surmonté de sa tête. C'est lui qui, en imprimant sur la terre les traces de ses pas, assure une année féconde (a). Il tient en main le phénix, symbole de la renaissance (3). Il est tué par Typhon, nouvelle preuve de son identité avec Osiris. Il ressuscite comme le soleil , après l'hiver (4).
Hérodote, frappé de toutes ces allégories, essaie de les concilier avec ses notions antérieures : mais bientôt éclairé sur l'inutilité de sa tentative, il déclare, en implorant l'indulgence des divinités de sa patrie, que c'est en Egypte et non en Grèce qu'il faut cher-
(i) Cet Hercule était petit-fils de Persée, qui avait son temple à Chemnis, où l'on célébrait des jeux en son honneur. ( Hérod. II, 91.) Aussi nommait-on à Olympie, parmi les fondateurs des grands jeux cycliques , Hercule , descendant de Persée.
(a) HÉRonoT. IV, 8'à.
(3) Jablonsky , Interpret. Tab. Isiac. opuscuk II, 237 et suiv.
(4) Ecnox. ap. Àthen.IX.
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cher l'étymologie du nom d'Hercule, et le sens des traditions qui se rapportent à lui (i).
En effet, l'Hercule grec n'est qu'un héros. Ce ne sont plus les signes du zodiaque qu'il parcourt, ce sont des monstres dont il délivre le monde. L'Egypte, agricole et civilisée, voyait en lui la fécondité. La Grèce inculte et sauvage n'y voit que la force. Chacun de ses exploits est susceptible d'un sens mystérieux: mais c'est le sens littéral qui est adopté ; et si les épithètes que lui donnent les poètes rappellent le premier, le second ne tarde pas à le remplacer dans l'interprétation populaire (2).
(i)HÉRODOT. II, 43.
(2) Ainsi, dans le onzième hymne orphique, Hercule est appelé oùolôiiopyoç , de diverses figures. Mais les Grecs, bien que familiarisés avec les métamorphoses des dieux, c'est-à-dire avec leurs déguisements accidentels dans un but particulier, ne concevaient pas l'idée mystique que toutes les formes appartenant à la divinité, elle les revêt indifféremment, non pour voiler, mais au contraire pour faire éclater sa majesté suprême. En conséquence, tandis que l'hymne orphique, par l'épithète d'aio^uoayo;, fait allusion à une notion de panthéisme, les Grecs l'expliquaient par une supposition toute matérielle et empruntée de la vie humaine. Hercule, di-